jeudi 17 mai 2018

Méditation : une révolution dans le cerveau


A REVOIR. Émission Enquête de santé, présenté par Michel Cymes et Marina Carrère d'Encausse Diffusé le 16-05-2018 - Replay | Durée : 120 minutes

https://www.allodocteurs.fr/emissions/enquete-de-sante/enquete-de-sante-du-16-05-2018_26761.html

Méditation guidée par  Christophe André  (à partir de 6'43'').
https://www.facebook.com/MagazinedelasanteF5/videos/1617698075014992/



Les invités Enquête de santé Méditation : une révolution dans le cerveau
  • Dr Christophe ANDRÉ, psychiatre
  • Dr Gaël CHÉTELAT, directrice de recherche - Inserm et coordonnatrice du projet Silver Santé Study cf la méditation pour lutter contre le vieillissement
  • Jeanne SIAUD-FACCHIN, psychologue clinicienne, psychothérapeute
  • Dr Grégory BAPTISTA, médecin interniste et gériatre au centre de mindfulness de Montpellier

Les livres :
  • La vie intérieure Christophe André Ed. L’Iconoclaste/France Culture, 2018
  • Comment la méditation a changé ma vie… et pourrait bien changer la vôtre ! Jeanne Siaud-Facchin Ed. Odile Jacob, 2012

mardi 17 avril 2018

Relaxation contre l'hypertension


La relaxation peut en effet réduire la tension artérielle et cela en modifiant l'expression d'un ensemble de gènes, démontre cette équipe du Centre médical Beth Israel Deaconess (Boston). En identifiant les voies biologiques liées également à la régulation immunitaire, au métabolisme et au rythme circadien chez des patients ayant réduit leur hypertension après une formation en relaxation, ces travaux, présentés dans le Journal of Alternative and Complementary Medicine apportent la preuve incontestable de l’efficacité de la relaxation contre la tension, mais chez certains sujets « répondeurs » seulement.
Les chercheurs de Boston parviennent en effet à identifier des gènes associés à la réponse du corps aux techniques de relaxation et les mécanismes moléculaires par lesquels ces interventions abaissent la tension artérielle. Alors que traditionnellement, l'hypertension est traitée par un traitement pharmacologique, certains patients en éprouvent des effets secondaires et il existe donc pour ces patients un besoin important d’options alternatives : cette étude documente comment la relaxation peut être efficace à abaisser la pression artérielle.
Environ 60% des patients hypertendus « répondent » à la relaxation : après 8 semaines de formation, les patients ont rempli à nouveau les questionnaires sur le stress, la dépression et l'anxiété et des prélèvements sanguins ont été analysés pour certaines données d'expression génique et marqueurs de la tension artérielle. L’analyse montre que :
  • 13 des 24 participants ayant terminé l'intervention bénéficient bien d’une naisse significative de la pression artérielle ;
  • les patients présentant une réduction suffisamment importante de la tension artérielle systolique et diastolique pour ne plus entrer dans le diagnostic d’hypertension de stade I - ont été classés comme « répondeurs » ;
  • les analyses d'expression génétique comparant les échantillons sanguins des groupes répondeurs et non-répondeurs, révèlent des changements spécifiques d'expression génique chez les répondeurs non observés chez les non-répondeurs : ainsi, chez les répondeurs, l'expression de 1.771 gènes diffère entre les tests sanguins à l’inclusion et après l’intervention de relaxation ;
  • chez ces répondeurs, la réduction de la tension artérielle s’avère corrélée avec des gènes liés aux voies de régulation immunitaire, au métabolisme et au métabolisme du glucose, au développement du système cardiovasculaire et au rythme circadien ;
  • enfin, plusieurs molécules, en particulier des gènes liés au système immunitaire, s’avèrent critiques pour la réduction de la pression artérielle.
 voir https://www.liebertpub.com/doi/10.1089/acm.2017.0053

lundi 16 avril 2018

Manger des produits frais non transformés

Le magazine 60 Millions de consommateurs de l'Institut national français de la consommation (dépendant du ministère de la Consommation) dénonce les dérives d’une alimentation ultratransformée.
Pauvres en matières premières brutes (légumes, fruits, lait, viande…) mais riches en additifs, les aliments « ultratransformés » regorgent d’ingrédients à bas coût, dénaturés pour leurrer notre goût.
Quelques exemples
-  poudres chocolatées  : bombes de sucre. Nesquik en contient 76 %, Super Poulain 86 %. »
-  nouilles instantanées saveur légumes et sauce soja  : 0,4 % de légumes déshydratés, 12 additifs 
- yaourts aux fruits  : 12 additifs dans des yaourts sur “lit de fruits”.


Ces aliments qui nous empoisonnent (2018) Hors-série - N° 125S - mai 2018
https://www.60millions-mag.com/kiosque/ces-aliments-qui-nous-empoisonnent-2018

D'autre part Gretchen Mahler de l'Université Binghamton et ses collègues ont étudié des échantillons de maïs, thon, asperges et poulet en conserve en utilisant la spectrométrie de masse pour estimer combien de particules étaient transférées dans les aliments.Les aliments en contenaient 100 fois plus que l'apport quotidien recommandé en zinc.
" Ces nanoparticules provoque une perte de surface remodelage ou une perte des microvillosités.Cela tend à entraîner une diminution de l'absorption des nutriments. Certaines des nanoparticules à doses provoquent également une signalisation pro-inflammatoire, ce qui peut augmenter la perméabilité du modèle intestinal."
voir aussi  Inra les premiers résultats de l’exposition orale aux nanoparticules de dioxyde de titane (additif alimentaire E171) http://presse.inra.fr/Communiques-de-presse/Additif-alimentaire-E171

voir aussi

Comment se désintoxiquer des aliments ultra transformés
https://www.lanutrition.fr/comment-se-desintoxiquer-des-aliments-ultra-transformes




samedi 3 février 2018

La consommation de somnifères et de tranquillisants reste importante en France

La consommation de benzodiazépines, principalement les tranquillisants et somnifères, a baissé de 10% entre 2012 et 2015, atteignant son niveau le plus bas depuis 2000 selon l’Agence nationale de sécurité et du médicament et des produits de santé. Mais les plus de 65 ans en consomment encore trop.


Bien que les dernières données montrent une baisse de la consommation de benzodiazépines, le nombre d’utilisateurs en France reste cependant élevé. Près de 13,4% de la population française a ainsi consommé en 2015 au moins une fois une benzodiazépine (anxiolytique principalement).
La France se situe derrière l’Espagne au 2ème  rang de la consommation des benzodiazépines en Europe, mais c’est en France que la plus forte diminution est observée entre 2012 et 2015 (10 % versus 5,1% de diminution  globale en Europe).
En 2015, 64,6 millions de boîtes de benzodiazépines anxiolytiques (versus 64,9 en 2010) et 46,1 millions de boîtes d’hypnotiques (versus 48,2 en 2010) ont été vendues en France.
La proportion d’utilisateurs de benzodiazépines est en baisse de 5,7% en 2015 par rapport à 2012. Cette baisse est plus prononcée pour les hypnotiques (-12,8%) que pour les anxiolytiques (-3,8%). La consommation concomitante d’anxiolytique et d’hypnotique a également diminué, passant de 3,1% en 2012 à 2,7% en 2015
Ce sont les femmes qui consomment le plus de benzodiazépines, quel que soit l’âge. Cette prévalence augmente avec l’âge et est la plus importante chez les femmes de plus de 80 ans.
La proportion de français ayant débuté un traitement par benzodiazépines, quelle que soit l’indication, est de 5,4%. Elle est restée stable entre les années 2012 et 2014 pour les benzodiazépines anxiolytiques, mais a en revanche légèrement diminué pour les benzodiazépines hypnotiques.
L’âge médian des nouveaux utilisateurs de benzodiazépines (anxiolytiques et hypnotiques) est de 49 ans.
Les traitements sont initiés par un médecin généraliste dans environ 82 % des cas. La durée du premier épisode de traitement est inférieure ou égale à 28 jours dans 75 % des cas et inférieure à 12 semaines dans 90% des cas. De 2012 à 2014, 15% des nouveaux utilisateurs ont eu un premier épisode de traitement d’une durée non conforme avec les recommandations, parmi lesquels environ 2% de plus d’un an.
Les benzodiazépines les plus utilisées sont l’alprazolam, suivi du zolpidem et du bromozépam. Il est à noter cependant une diminution de la consommation de zolpidem et zopiclone concordante avec une baisse de la consommation des hypnotiques.
Les benzodiazépines anxiolytiques à demi-vie longue (bromazépam et prazépam) sont moins consommées au profit des benzodiazépines à demi-vie courte (alprazolam et oxazépam) qui présentent un risque théorique plus important de dépendance mais un moindre risque d’accumulation dans l’organisme en particulier chez la personne âgée.
Suite à la mise en place en 2011 et 2012 de mesures réglementaires plus strictes encadrant l’accès au clonazépam, principale benzodiazépine anticonvulsivante, une forte baisse de sa consommation a été observée. Elle a ainsi diminué de 84% en 5 ans.

Autre approche, le 1er février, la ministre de la Santé de Belgique, Maggie De Block, a lancé une vaste campagne intitulée « Somnifères et calmants, pensez d’abord aux autres solutions ».
L’objectif est de sensibiliser aux risques des benzodiazépines qui incluent les calmants (anxiolytiques tels que Xanax, Valium, Lexomil...) et les somnifères (tels que Zolpidem…) et de promouvoir des alternatives plus saines. "les patients doivent être prêts à investir suffisamment de temps et d'énergie dans une approche non médicamenteuse des troubles du sommeil, de stress ou d'anxiété et à demander des médicaments moins rapidement"
Rappelons qu'alors que la consultation psychologique peut faire partie des solutions, le gouvernement fédéral belge a donné son feu vert, en juillet 2017, pour le remboursement des soins psychologiques. Selon les estimations de la Fédération belge des psychologues, le budget de 22,5 millions d'euros prévu à cet effet devrait rendre possible le remboursement de 3 à 4 séances par an par patient. Le remboursement pourrait entrer en vigueur à la fin 2018.



État des lieux de la consommation des benzodiazépines en France Avril 2017 - Rapport (06/04/2017) application/pdf (2607 ko)

mercredi 31 janvier 2018

La compassion pour soi-même liée à une relation de couple plus heureuse

"La compassion pour soi-même réfère à la capacité d'être indulgent et compréhensif envers soi-même lorsque confronté(e) à des insuffisances personnelles ou des situations difficiles plutôt que de se critiquer négativement", explique la psychologue Kristin Neff de l'Université du Texas à Austin.

Kristin Neff et Tasha Beretvas, ont mené cette étude avec 104 couples. Les niveaux de compassion envers soi-même étaient liés au sentiment d'être authentique et heureux dans la relation.

Les personnes ayant un niveau élevé de compassion envers elles-même décrivaient leurs partenaires comme étant plus affectueux(se), intime et acceptant(e) dans leur relation et leur accordant une plus grande liberté et plus d"autonomie. Elles étaient aussi plus satisfaites de leur relation.

Celles qui avaient des niveaux plus bas de compassion envers soi-même décrivaient au contraire leur partenaire comme étant significativement plus contrôlant(e), détaché(e), dominateur(trice) et agressif(ve) verbalement.

L'étude montre aussi que le niveau de compassion envers soi-même et non celui de l'estime de soi était lié à des caractéristiques positives de la relation.

L'estime de soi implique un jugement positif sur soi-même et peut impliquer d'être sur la défensive pour protéger son égo, explique la chercheuse. Alors qu'une personne qui a une bonne compassion envers elle-même peut plus facilement admettre ses erreurs, se pardonner et essayer de faire mieux la prochaine fois. S'accordant à elle-même un support émotionnel et une validation, elle est aussi moins dépendante de son (sa) partenaire pour rencontrer tous ses besoins et peut être plus généreuse envers l'autre.

Compassion envers soi-même

Le concept de compassion envers soi-même s'est développé et popularisé ces dernières années sous l'influence notamment d'un courant d'intégration de certains aspects de la philosophie bouddhiste à la psychologie cognitive et en particulier d'intégration de l'approche dite de pleine conscience à la psychothérapie cognitive.

Selon le modèle développé par Kristin Neff et adopté par plusieurs chercheurs du domaine, la compassion envers soi-même dans les situations de difficulté, implique trois composantes :
  • La bienveillance envers soi-même
    Être chaleureux(se) et compréhensif(ve) envers soi-même dans les moments douloureux, d'échec ou de sentiment d'être inadéquat(e), plutôt que d'ignorer les difficultés ou de se critiquer négativement.
    Les personnes compatissantes envers elles-mêmes reconnaissent qu'être imparfaits, vivre des échecs ou des difficultés est inévitable. Elles ont alors tendance à être bienveillantes envers elles-mêmes dans ces situations plutôt que de ressentir de la colère. Une plus grande sérénité en découle. Lorsque cette réalité est niée ou combattue, la souffrance augmente sous forme de stress, de frustration et d'autocritique.
  • La reconnaissance de son humanité
    Reconnaître que la souffrance et l'échec personnel fait partie de l'expérience partagée par l'humanité.
    La frustration par rapport au fait que les choses ne se produisent pas comme désiré est souvent accompagnée d'un sentiment irrationnel d'isolement, d'être seul(e) à vivre ces situations. Reconnaître que l'on est humain est aussi reconnaître que les pensées, les émotions et les comportements sont affectés par des facteurs « externes » tels que l'histoire parentale, la culture, les facteurs génétiques et environnementaux, ainsi que par les comportements et les attentes des autres. Cette reconnaissance aide à être moins critique sur ses faiblesses personnelles.
  • La pleine conscience
    Observer les pensées et les émotions négatives telles qu'elles sont, sans essayer de les nier ou de les supprimer, et sans les juger.
    Le fait de relier ses propres émotions et pensées à la nature humaine aide à percevoir sa propre situation dans une plus large perspective. Cette observation aide à ne pas se sur-identifier à ses pensées et émotions, ce qui prévient d'être emporté(e) par une réactivité négative, favorisée par un focus étroit et une rumination des émotions négatives.
Dans une étude publiée en 2009 dans le Journal of Personality, Kristin Neff et Roos Vonk ont comparé la compassion envers soi-même à l'estime de soi. Il s'avérait que la compassion prédisait des sentiments plus stables de valeur personnelle que l'estime de soi et était moins dépendante des circonstances. Elle était aussi notamment moins liée à la comparaison sociale, au soucis de l'apparence et à la fermeture d'esprit.
Des études ont associé la compassion envers soi-même à la santé psychologique : des niveaux élevés étaient liés à une plus grande satisfaction générale, à l'intelligence émotionnelle, aux liens sociaux, à l'atteinte d'objectifs, ainsi qu'à moins d'auto-critique, de dépression, d'anxiété, de rumination, de perfectionnisme, de buts de performance et de troubles des comportements alimentaires.

La psychothérapie centrée sur la compassion a été développée par le psychologue britannique Paul Gilbert au début des années 2000. Elle vise à développer la compassion envers soi-même et les autres afin d'améliorer le bien-être.
Elle fait partie des psychothérapies cognitives dites de la 3e vague ou contextuelles qui intègrent la pratique de la pleine conscience.

L'efficacité de la psychothérapie centrée sur la compassion évaluée dans une étude randomisée

 Les approches de psychothérapie centrée sur la compassion gagnent en popularité.
Déjà évoquées dans le documentaire « Vers un monde altruiste? »  dans lequel chercheurs en psychologie, primatologie, mathématiques ou neurosciences mènent des expériences novatrices qui contredisent la thèse de l’égoïsme naturel en prônant plutôt des valeurs comme l’altruisme et la coopération, l’homme n’est pas fatalement un loup pour l’homme. Une vision résolument optimiste qui s’oppose à la sinistrose actuelle d’autant que nous aurions tous la possibilité de cultiver ces tendances en influant directement sur notre cerveau notamment via la méditation.
voir http://download.pro.arte.tv/uploads/Vers-un-monde-altruisteBD.pdf
https://boutique.arte.tv/detail/vers_un_monde_altruiste

Marion P. J. Sommers-Spijkerman de l'Université de Twente (Pays-Bas) et ses collègues ont réalisé une étude randomisée afin d'évaluer l'efficacité d'un protocole d'autoapprentissage guidé (« self-help »), présenté dans le livre « Compassion as Key to Happiness » (2015) du psychologue britannique Paul Gilbert. Cet auteur est reconnu comme le fondateur de la psychothérapie centrée sur la compassion.(compassion-focused therapy (CFT))

Ils ont mené cette étude avec 242 personnes, âgées en moyenne de 53 ans, éprouvant des difficultés et ayant des niveaux faibles à modérés de bien-être, mais à un niveau sous-clinique ne nécessitant pas une intervention médicale immédiate (ils ne rencontraient pas les critères diagnostiques de la dépression ou de troubles anxieux).
La moitié a reçu l'intervention. Ces participants devaient compléter une leçon par semaine et recevaient des emails hebdomadaires pour soutenir leur démarche. L'autre moitié a été inscrite sur une liste d'attente et a reçu l'intervention plus tard sans le soutien des emails.
Avant l'intervention puis 3 et 9 mois plus tard, les participants ont complété différents tests psychologiques.
Comparativement au groupe sur la liste d'attente, celui qui a reçu l'intervention a connu une plus grande amélioration du bien-être et de toutes les composantes mesurées qui s'est maintenue ou amplifiée jusqu'à 9 mois après l'intervention.
« La psychothérapie centrée sur la compassion est prometteuse en tant que stratégie publique de santé mentale pour améliorer le bien-être et réduire la détresse psychologique », concluent les chercheurs.