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jeudi 17 novembre 2016

Les troubles psychologiques et les maladies physiques vont souvent de pair.


 Les psychologues de l'Université de Bâle et de l'Université de la Ruhr de Bochum ont identifié des associations chronologiques entre la survenue de maladies physiques et mentales : l'arthrite et les maladies digestives sont plus fréquentes après la dépression, tandis que les troubles anxieux sont suivis de maladies cutanées.
Dans le cadre d'un projet financé par la Fondation nationale suisse pour la science, un groupe de recherche dirigé par le Dr Marion Tegethoff, en collaboration avec le Professeur Gunther Meinlschmidt de la Faculté de psychologie de l'Université de Bâle, a examiné le modèle relationnel chronologique entre les maladies physiques et les troubles mentaux chez les adolescents. Dans la revue PLOS ONE, ils ont analysé les données d'un échantillon représentatif de 6 483 adolescents américains  âgés de 13 à 18 ans.

Les troubles de l'humeur tels que la dépression étaient fréquemment suivis par l'arthrite et des maladies du système digestif, alors les troubles anxieux étaient plus souvent suivis par des maladies cutanées.
Les troubles anxieux étaient plus fréquents si la personne souffrait déjà d'une maladie cardiaque. L'épilepsie était suivie par un risque accru de troubles alimentaires.

voir
 Chronology of Onset of Mental Disorders and Physical Diseases in Mental-Physical Comorbidity – A National Representative Survey of Adolescents
Marion Tegethoff, Esther Stalujanis, Angelo Belardi, Gunther Meinlschmidt 
Plos One (2016), doi: 10.1371/journal.pone.0165196 


En 2015 Jeremy D. Coplan, professeur de psychiatrie au SUNY Downstate Medical Center, et ses collègues ont examiné 76 personnes traitées en ambulatoire pour des troubles anxieux.
Ils ont pu documenté un niveau élevé d'associations entre le trouble panique et plusieurs domaines de maladie physique.
  • laxité ligamentaire (syndrome d'hypermobilité articulaire, scoliose...)
  • douleur (fibromyalgie, céphalées de tension chroniques, syndrome du côlon irritable...)
  • troubles immunitaires (hypothyroïdie, asthme, allergies nasales...)
Par exemple, la laxité articulaire a été observée chez 59,3% des patients de l'étude comparativement à une prévalence d'environ 10% à 15% dans la population générale; La fibromyalgie a été observée chez 80,3% des sujets comparativement à environ 2,1% à 5,7% dans la population générale; Et la rhinite allergique a été observée chez 71,1% des sujets, alors que sa prévalence est d'environ 20% dans la population générale.
« Notre argument, explique le chercheur, est que les délimitations en médecine peuvent être arbitraires et que certains troubles qui sont considérés comme de multiples conditions disparates et indépendantes peuvent être mieux considérés comme étant un trouble spectral unique avec une étiologie (cause) génétique commune ».
« Les patients méritent une compréhension scientifique plus éclairée des troubles spectraux. Les troubles qui font partie du syndrome décrit dans cette étude peuvent être mieux compris si on les considère comme une entité commune. »

Jeremy Coplan, Deepan Singh, Srinath Gopinath, Sanjay J. Mathew, and Antonio Bulbena
The Journal of Neuropsychiatry and Clinical Neurosciences 2015 27:2, 93-103 

La sophrologie, la méditation de pleine conscience sont des thérapies psychocorporelles qui considèrent l'être humain dans sa globalité



mercredi 17 août 2016

Les thérapies basées sur la meditation

  Mindfulness Based Stress Reduction (MBSR) ou Réduction du stress basée sur la pleine conscience (MBSR)

Cette méthode a été la première à avoir été codifiée et introduite dans le champ de la médecine par le Jon Kabat-Zinn. Elle propose notamment, face aux moments de stress quotidiens, de ne pas chercher à fuir ces instants par la distraction (en pensant à autre chose) ou l'action (en s’absorbant dans le travail ou un loisir) ; il s’agit au contraire de les accueillir et de les observer, dans un état particulier de conscience et d’éveil corporel qui permet d’éviter qu’ils s’aggravent ou deviennent chroniques.
Indications : états anxieux ou douloureux chroniques.

Mindfulness Based Cognitive Therapy (MBCT) ou Thérapie cognitive basée sur la pleine conscience

Cette thérapie cognitive associée à la pleine conscience a été codifiée et scientifiquement évaluée par Zindel Segal et ses collègues, de l’Université de Toronto. Elle fait précéder les exercices de thérapie cognitive (modification du contenu des pensées négatives) par des exercices de pleine conscience (modification du rapport aux pensées négatives : mieux les tolérer, moins se laisser influencer par elles, sans forcément chercher à les modifier). On cherche à explorer tout ce qu’une pensée négative déclenche en termes d’émotions, de réactions corporelles, d’autres pensées et cycles de rumination, de tendance à se replier sur soi, etc.
Indications : prévention des rechutes chez les personnes dépressives.

Dialectical Behavior Therapy (DBT) ou Thérapie comportementale dialectique

Cette thérapie conçue à l’Université de Washington par la psychologue comportementaliste Marsha Linehan pour les personnes souffrant de troubles de la personnalité borderline, intègre entre autres
une pratique régulière de méditation Zen aménagée. Cette pratique permet à de ces patients de développer une meilleure « conscience émotionnelle », et donc une meilleure tolérance aux émotions douloureuses, qu’ils ont sinon tendance à évacuer par des passages à l’acte (agressions verbales, auto-agressions, gestes suicidaires) ou par la consommation de produits toxiques divers.
Indications : troubles de la personnalité de type borderline.

Open Focus Therapy (OFT) ou Thérapie de l’ouverture attentionnelle

Cette thérapie proposée par le psychologue américain Les Fehmi, repose sur des exercices de régulation attentionnelle très proches de la pleine conscience. Elle consiste à se désengager du mode attentionnel « étroit-objectif » (qui consiste à se focaliser sur une idée) pour privilégier le mode attentionnel qualifié de « diffus-immergé » (garder le champ de sa conscience ouvert à tout ce qui nous entoure, en s’efforçant de ressentir plus que de réfléchir).
Indications : troubles émotionnels, notamment anxieux, troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité.



Thérapie Fondée sur la Compassion (TFC)

Développée par le Professeur Paul Gilbert (Professeur de Psychologie Clinique à l’Université de Derby, GBR), la Thérapie Fondée sur la Compassion (TFC) est une approche multimodale s’étayant sur les thérapies cognitivo-comportementales, en offrant une place prépondérante au Mindfulness (Pleine Conscience) et à une dimension de compassion spécifique.

Cognitively-Based Compassion Training (CBCT) ou entrainement cognitif basé sur la compassion

Enraciné dans le lojong bouddhiste tibétain ou « l' esprit-formation» tradition, Cognitively Basé Compassion Training ™ (CBCT) a été développé à l' Université Emory à Atlanta, en Géorgie par Lobsang Tenzin Negi, Ph. D. L' un des principaux programmes de l' Amérique du Nord dans la méditation de compassion, CBCT est une méthode systématique de formation progressivement l'esprit jusqu'à ce que la compassion devient une réponse spontanée.
La Compassion commence par la stabilisation de l'activité mentale puis progresse par la culture d'un sentiment de proximité avec les autres et la reconnaissance des causes de la souffrance.  
Indications:  réduire le stress, renforcer la résilience, d'améliorer les relations, et / ou tout simplement favoriser cette valeur humaine universelle en soi et des autres

 La thérapie d'acceptation et d'engagement (Acceptance and Commitment Therapy, ACT), 

développée par le psychologue américain Steven C. Hayes et ses collègues, appartient au courant de la thérapie cognitive et comportementale. Plus précisément, elle figure parmi les thérapies récentes dites contextuelles, aussi appelées thérapies de troisième vague.
Elle vise à améliorer la flexibilité psychologique, c'est-à-dire la capacité d'être en contact avec les émotions et les pensées du moment présent tout en maintenant ou changeant au besoin son action dans la poursuite de ses objectifs ou de ses valeurs.
Les habiletés pour composer avec les pensées et les sentiments négatifs sont dites de pleine conscience ("mindfulness"). Dans l'ACT, la méditation n'est qu'un moyen parmi d'autres.

 Méthode Vittoz


Cette psychothérapie, portant le nom du médecin suisse qui la développa au début du XXe siècle, présente de nombreuses analogies avec la pleine conscience. Elle encourage à porter régulièrement attention aux expériences sensorielles de l’instant, afin de se libérer des ruminations et automatismes mentaux et comportementaux liés au passé.
La sophrologie a intégré cette méthode ainsi que d'autres techniques de relaxation occidentale (training autogène de Schultz, méthode Vittoz, relaxation progressive de Jacobson...)

Il n’existe pas, pour le moment, d’indications bien définies, en dehors du champ aussi vaste que vague des « troubles névrotiques » (symptômes anxio-dépressifs, manque de confiance en soi, etc.).

lundi 18 avril 2016

Un traitement du stress post-traumatique associant un bêta-bloquant à la psychothérapie testé en France

Un traitement du stress post-traumatique, qui associe le médicament propranolol (Avlocardyl et autres) à la psychothérapie, sera testé à grande échelle en France dans des centres et des hôpitaux franciliens. Le propranolol est un médicament de la classe des bêta-bloquants déjà utilisé pour le traitement de l'hypertension et la migraine.
Le traitement, d'une durée de six semaines, été développé au Québec par le psychologue et professeur de psychiatrie Alain Brunet de l'Université McGill.
L’étude, qui inclura 400 personnes, devrait débuter d’ici à trois semaines, a indiqué, le 13 avril, le Pr Bruno Millet (Pitié-Salpêtrière), qui coordonnera l'étude.
Le traitement vise, explique le Pr Brunet, à diminuer la charge émotionnelle d’un souvenir traumatique.
Depuis décembre 2015, une centaine de cliniciens de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ont été formés à la « méthode Brunet ». Les patients qui seront inclus dans l’étude (principalement des personnes touchées par les attentats de novembre dernier) seront répartis en deux groupes : l’un recevra le nouveau traitement, l’autre continuera à recevoir des traitements classiques.

voir cette vidéo qui détaille cette approche