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mardi 21 août 2018
jeudi 17 novembre 2016
Les troubles psychologiques et les maladies physiques vont souvent de pair.
Les psychologues de l'Université de Bâle et de l'Université de la Ruhr de Bochum ont identifié des associations chronologiques entre la survenue de maladies physiques et mentales : l'arthrite et les maladies digestives sont plus fréquentes après la dépression, tandis que les troubles anxieux sont suivis de maladies cutanées.
Dans le cadre d'un projet financé par la Fondation nationale suisse pour la science, un groupe de recherche dirigé par le Dr Marion Tegethoff, en collaboration avec le Professeur Gunther Meinlschmidt de la Faculté de psychologie de l'Université de Bâle, a examiné le modèle relationnel chronologique entre les maladies physiques et les troubles mentaux chez les adolescents. Dans la revue PLOS ONE, ils ont analysé les données d'un échantillon représentatif de 6 483 adolescents américains âgés de 13 à 18 ans.
Les troubles de l'humeur tels que la dépression étaient fréquemment suivis par l'arthrite et des maladies du système digestif, alors les troubles anxieux étaient plus souvent suivis par des maladies cutanées.
Les troubles anxieux étaient plus fréquents si la personne souffrait déjà d'une maladie cardiaque. L'épilepsie était suivie par un risque accru de troubles alimentaires.
voir
Chronology of Onset of Mental Disorders and Physical Diseases in Mental-Physical Comorbidity – A National Representative Survey of Adolescents
Marion Tegethoff, Esther Stalujanis, Angelo Belardi, Gunther Meinlschmidt
Plos One (2016), doi: 10.1371/journal.pone.0165196
En 2015 Jeremy D. Coplan, professeur de psychiatrie au SUNY Downstate Medical Center, et ses collègues ont examiné 76 personnes traitées en ambulatoire pour des troubles anxieux.
Ils ont pu documenté un niveau élevé d'associations entre le trouble panique et plusieurs domaines de maladie physique.
- laxité ligamentaire (syndrome d'hypermobilité articulaire, scoliose...)
- douleur (fibromyalgie, céphalées de tension chroniques, syndrome du côlon irritable...)
- troubles immunitaires (hypothyroïdie, asthme, allergies nasales...)
«
Notre argument, explique le chercheur, est que les délimitations en médecine peuvent être arbitraires et que certains troubles qui sont considérés comme de multiples conditions disparates et indépendantes peuvent être mieux considérés comme étant un trouble spectral unique avec une étiologie (cause) génétique commune».
«
Les patients méritent une compréhension scientifique plus éclairée des troubles spectraux. Les troubles qui font partie du syndrome décrit dans cette étude peuvent être mieux compris si on les considère comme une entité commune.»
Jeremy Coplan, Deepan Singh, Srinath Gopinath, Sanjay J. Mathew, and Antonio Bulbena
The Journal of Neuropsychiatry and Clinical Neurosciences
2015
27:2,
93-103 La sophrologie, la méditation de pleine conscience sont des thérapies psychocorporelles qui considèrent l'être humain dans sa globalité
Migraine ou céphalée de tension?
La migraine sans aura doit être distinguée de la céphalée de tension épisodique à la quelle elle peut être par ailleurs associée.
| Migraine | Céphalée de tension | |
| Siège | Unilatéral | Bilatéral |
| Durée | 4-72h | 30 min-7j |
| Signes d'accompagnement | Intolérance au bruit et/ou à la lumière | Plus rares (parfois intolérance au bruit) |
| Intensité | Modérée/sévère | Légère/modérée |
| Type | Souvent Pulsatile | Compression, étau |
| Impact de l’effort physique | Aggravation | Pas d’aggravation |
Dans tous les cas, l'avis de votre médecin est indispensable.
La migraine
La migraine est une affection sous forme de crises de céphalée (mal de tête), parfois associée à d’autres symptômes.
Dans 20% des cas, une migraine peut être associée à une aura (phénomène neurologique qui précède la douleur dans la migraine (troubles visuels, modification du champ visuel, éclairs devant les yeux, fourmillements d'un côté, bafouillement.....)
Dans 20% des cas, une migraine peut être associée à une aura (phénomène neurologique qui précède la douleur dans la migraine (troubles visuels, modification du champ visuel, éclairs devant les yeux, fourmillements d'un côté, bafouillement.....)
Cette céphalée d’intensité modérée à sévère est souvent majorée par les
efforts physiques de routine (comme montée les escaliers) et elle est
associée à d’autres symptômes au premier rang desquels des nausées voire
des vomissements et une
intolérance aux bruits et à la lumière.
La douleur de la crise migraineuse est secondaire à inflammation et une dilatation des vaisseaux cérébraux et notamment des artères des méninges (enveloppes du cerveau). Cette inflammation et cette
dilatation sont provoqués par une stimulation nerveuse, il s’agit donc d’un phénomène neuro-vasculaire.
Une prédisposition d’origine génétique fait que les migraineux ont un une excitabilité cérébrale
différente des sujets non migraineux. Cette prédisposition rend les
migraineux particulièrement vulnérables à de nombreux facteurs déclenchants et le seuil de déclenchement est variable selon la sévérité de la migraine. Par ailleurs, ce seuil peut-être modulé par d’autres facteurs comme l’état émotionnel.
Le traitement de la migraine
est multiple et repose sur l’éviction des facteurs déclenchant, le
traitement de la crise et le traitement de fond.L’approche pharmacologique peut être couplée à une approche non pharmacologique.
Dans ce cadre, les techniques ayant montré leur efficacité sont la relaxation-sophrologie,
le rétrocontrôle biologique (bio-feed-back) et la thérapie cognitive-comportementale, techniques qui ont en commun de permettre une meilleur gestion du stress. L’acupuncture peut-être proposé.
voir le site de la Société Française d'Etudes des Migraines et Céphalées - SFEMC
La sophrologie, recommandée en cas céphalée épisodique fréquente et de la céphalée de tension chronique
Quels sont les signes cliniques d'une céphalée de tension?
Les céphalées de tension sont les céphalées (‘maux de tête’) les plus fréquemment observées en population générale. Comme les migraines, les céphalées de tension sont des céphalées "primaires", c’est à dire qu’elles ne sont pas symptomatiques d' une affection.Selon le nombre de jours de céphalées par mois, on distingue les
- céphalées de tension épisodiques (moins de 15 jours de céphalées tensives par mois)
- céphalées de tension chroniques (plus de 15 jours de céphalées tensives par mois depuis au moins trois mois).
En cas de céphalées de tension chroniques, il faut également chercher une surconsommation médicamenteuse (consommation régulière d’au moins 10 jours/mois d’antalgiques contenant de la caféine, de la codeine, de la poudre d'opium ou du tramadol, ou consommation régulière d’au moins 15 jours/mois pour le paracétamol, l’aspirine et/ou les anti-inflammatoires).
Comment se manifestent les céphalées de tension ?
Les céphalées de tension se manifestent souvent comme une "pression" ou un "serrement" au niveau de la tête, de localisation le plus souvent bilatérale. L’intensité de la céphalée est habituellement faible ou modérée, mais la durée des douleurs peut être importante, jusqu'à 7 jours pour les épisodes de céphalées de tension épisodiques, voire continue dans la céphalée de tension chronique.
A la différence de la migraine, la céphalée de tension n' est pas aggravée par les activités physiques de routine (comme la montée des escaliers) et n'est pas associée à des troubles digestifs.
Les patients souffrant d'une céphalée de tension peuvent présenter une hypersensibilité modérée aux stimulations de l’environnement comme une gène au bruit ou à la lumière mais pas l’association des deux symptômes.
Quels sont les mécanismes physiopathologiques de la céphalée de tension
Les mécanismes physiopathologiques précis de la céphalée de tension ne sont toujours pas connus. Néanmoins, la recherche clinique a permis de faire quelques hypothèses qui sont différentes selon que l’on considère la céphalée de tension épisodique et la céphalée de tension chronique.La céphalée de tension épisodique reposerait essentiellement sur des facteurs musculaires. Ainsi, la raison de la douleur serait une augmentation de la tension et de la sensibilité des muscles péri-crâniens (trapèze dans le cou, masséter et temporal au niveau de la face), souvent favorisée par des facteurs posturaux.
La céphalée de tension chronique est probablement plus liée à un mauvais fonctionnement des systèmes de contrôle de la douleur que l’on retrouve dans d’autres douleurs dites dysfonctionnelles comme la fibromyalgie.
Dans les deux formes de céphalée de tension, une mauvaise gestion du stress est fréquemment présentée par les patients.
Comment traiter une céphalée de tension?
A contrario de la migraine, il y a malheureusement peu de données scientifiques validées sur le traitement des céphalées de tension.Le traitement de la céphalée épisodique peu fréquente repose essentiellement sur le traitement pharmacologique des épisodes douloureux limité à la prise de paracétamol ou d'aspirine, voire d'anti-inflammatoires non stéroïdiens.
Le traitement de la céphalée épisodique fréquente et de la céphalée de tension chronique est plus difficile. L'utilisation répétée d'antalgiques doit être évitée, afin de prévenir l'abus médicamenteux. La prise en charge doit être globale et peut associer un traitement de fond pharmacologique ( le plus souvent un antidépresseur à faibles posologies dans une finalité antalgique), à un traitement non pharmacologique permettant une meilleure gestion du stress (relaxation, sophrologie, hypnose, thérapies cognitivo-comportementales) et une limitation des facteurs musculaires d'entretien ( ostéopathie, kinésithérapie, gouttière gingivale en cas de dysfonction de l'articulation)
Le syndrome de dysfonctionnement de l’articulation temporo-mandibulaire (SADAM) associe des douleurs induites par les mouvements de la mâchoire ou la mastication, une réduction ou une symétrie de l’ouverture buccale, des ‘bruits’ au niveau des articulations temporo-mandibulaires lors des mouvements de la mâchoire, une sensibilité au toucher des articulations temporaux mandibulaires et un bruxisme qui correspond au grincement des dents la nuit.
Ce syndrome n’est pas la cause de la céphalée de tension, mais il est très fréquemment associé à cette dernière.
Il est en effet secondaire à des contractures des muscles masséter et temporal.
Il est par ailleurs fortement favorisé par la mauvaise gestion du stress.
Il peut nécessiter la mise en place d’une gouttière gingivale, notamment la nuit.
voir le site de la Société Française d'Etudes des Migraines et Céphalées - SFEMC
mardi 25 octobre 2016
Douleurs au pluriel
On distingue plusieurs types de douleurs :
Elle est souvent associée à des manifestations neurovégétatives (tachycardie, sueurs, élévation de la pression artérielle) et à une anxiété.
C’est un signal d’alarme dont la ‘finalité’ est d’informer l’organisme d’un danger pour son intégrité.
Une fois son origine identifiée, sa prise en charge nécessite sa reconnaissance et un traitement essentiellement pharmacologique reposant sur les antalgiques avec un objectif curatif.
Sa prise en charge nécessite l’identification préalable des soins potentiellement douloureux et la mise en place de protocoles qui ont un objectif préventif (pose d’anesthésiant local avant ponction, prémédication avec un antalgique d’action rapide immédiatement avant la réalisation d’un soin douloureux…).
La prise en charge de la douleur procédurale doit être une préoccupation constante de tout professionnel de santé et c’est un élément majeur de la qualité des soins
La Haute Autorité de Santé définit la douleur chronique comme un syndrome multidimensionnel exprimé par la personne qui en est atteinte. Il y a douleur chronique, quelles que soient sa topographie et son intensité, lorsque la douleur présente plusieurs des caractéristiques suivantes :
La douleur chronique est fréquemment associée à des facteurs de renforcement qui participe à son entretien comme :
Il est possible de distinguer trois types de douleur chronique en fonction des mécanismes à l’origine de cette dernière :
douleur aiguë
La douleur aiguë est liée à une atteinte tissulaire brutale (traumatisme, lésion inflammatoire, distension d’un viscère…).Elle est souvent associée à des manifestations neurovégétatives (tachycardie, sueurs, élévation de la pression artérielle) et à une anxiété.
C’est un signal d’alarme dont la ‘finalité’ est d’informer l’organisme d’un danger pour son intégrité.
Une fois son origine identifiée, sa prise en charge nécessite sa reconnaissance et un traitement essentiellement pharmacologique reposant sur les antalgiques avec un objectif curatif.
Douleur procédurale
C’est la douleur induite par les soins (ponction, pansement, prise de sang, mobilisation du patient…).Sa prise en charge nécessite l’identification préalable des soins potentiellement douloureux et la mise en place de protocoles qui ont un objectif préventif (pose d’anesthésiant local avant ponction, prémédication avec un antalgique d’action rapide immédiatement avant la réalisation d’un soin douloureux…).
La prise en charge de la douleur procédurale doit être une préoccupation constante de tout professionnel de santé et c’est un élément majeur de la qualité des soins
Douleur chronique
La Haute Autorité de Santé définit la douleur chronique comme un syndrome multidimensionnel exprimé par la personne qui en est atteinte. Il y a douleur chronique, quelles que soient sa topographie et son intensité, lorsque la douleur présente plusieurs des caractéristiques suivantes :
- persistance ou récurrence, qui dure au-delà de ce qui est habituel pour la cause initiale présumée, notamment si la douleur évolue depuis plus de 3 mois ; réponse insuffisante au traitement ;
- détérioration significative et progressive du fait de la douleur, des capacités fonctionnelles et relationnelles du patient dans ses activités de la vie journalière, au domicile comme à l’école ou au travail.
La douleur chronique est fréquemment associée à des facteurs de renforcement qui participe à son entretien comme :
- des manifestations psychopathologiques ;
- une demande insistante par le patient de recours à des médicaments ou à des procédures médicales souvent invasives, alors qu‘il déclare leur inefficacité à soulager ;
- une difficulté du patient à s’adapter à la situation.
Il est possible de distinguer trois types de douleur chronique en fonction des mécanismes à l’origine de cette dernière :
- La douleur nociceptive ou par excès de nociception ou encore inflammatoire est une douleur due à une stimulation persistante et excessive des récepteurs périphériques de la douleur : les nocicepteurs. Ce type de douleur peut survenir dans un contexte de cancer mais également dans des contextes plus ‘bénins’ comme la maladie arthrosique. La douleur nociceptive répond aux antalgiques, cette approche pharmacologique devant être intégrée à une approche thérapeutique plus globale commune à toute douleur chronique.
- la douleur neuropathique liée à une lésion ou une maladie affectant le système somato-sensoriel. L’atteinte du système somato-sensoriel peut survenir dans un contexte neurologique évident (douleur survenant après un zona, neuropathie diabétique douloureuse, douleur central survenant après un accident vasculaire cérébral..). Elle survient aussi fréquemment dans un contexte non neurologique comme les suites post-opératoires, la chirurgie (même bénigne) étant souvent responsable de lésions nerveuses. Elle se caractérise par des douleurs à type de brulures ou de décharges électriques avec à l’examen clinique une moindre sensibilité ou, au contraire, une douleur induite par un stimulus non douloureux. Elle est souvent associée à des signes sensitifs non douloureux ( fourmillements, picotements, engourdissements, prurit). Sur le plan pharmacologique, la douleur neuropathique répond mal aux antalgiques et elle justifie en première intention de certains anti-épileptiques et/ou de certains anti-dépresseurs.
- la douleur dysfonctionnelle ou centrale : Il s’agit d’une douleur liée à un dysfonctionnement des systèmes de contrôle de la douleur sans lésion identifiée.
Les douleurs dysfonctionnelles les plus fréquentes sont la fibromyalgie, la céphalée de tension, la colopathie ‘fonctionnelle’ ou la cystite interstitielle.
En l’état de nos connaissances, la douleur dysfonctionnelle répond peu au traitement pharmacologique et sa prise en charge thérapeutique fait plus appel à des approches non-pharmacologiques
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