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mardi 21 août 2018

Lumière verte efficace contre certaines formes de migraines


La lumière est l'un des pires ennemis du migraineux. 

La photophobie fait en effet partie des symptômes les plus fréquemment rapportés par les personnes souffrant de crises de migraine, quelque 8 millions en France rien que dans la population adulte. Une seule alternative donc en cas de crise : se réfugier dans l'obscurité. A moins qu'un certain type de luminosité soit mieux toléré. C'est ce qu'ont cherché à évaluer des scientifiques israéliens du Beth Israel Deaconess Medical Center. Et selon leurs résultats publiés dans la revue Brain, la lumière verte serait la candidate idéale.

Des signaux neuronaux plus faibles

Les scientifiques ont exposé des migraineux photophobes à différents types de lumière : blanche, bleue, ambre, rouge et verte donc. Et sur les 69 patients atteints de migraines sévères inclus dans l'étude, 80% d'entre eux ont vu leur douleur s'intensifier au contact de toutes les lumières, sauf la verte. Celle-ci a même eu pour effet de réduire ces douleurs chez 20% d'entre eux. Outre le caractère déclaratif de l'évaluation de la douleur par les patients, les chercheurs se sont aussi appuyés sur l'intensité des signaux électriques produits par la rétine de l'œil et le cerveau en réponse à chaque type de lumière. Ils se sont ainsi aperçus que les lumières bleue et rouge provoquaient une réaction plus importante que ce soit dans la rétine ou dans le cortex, tandis que la lumière verte produisait des signaux bien plus faibles.

L'obscurité reste plus efficace 

De précédentes observations chez le rat montraient en effet que les neurones de la zone du cerveau chargée de transmettre les informations sur la lumière - le thalamus - étaient moins sensibles à la lumière verte qu'aux autres. Autrement dit, que le mécanisme de la photophobie est moins marqué par une luminosité verte. Ainsi les chercheurs envisagent-ils des applications concrètes comme par exemple des lunettes capables de filtrer le spectre lumineux pour ne laisser passer que le vert. Ou encore des ampoules de basse intensité n'émettant qu'en vert. Le but étant bien sûr de trouver des solutions à l'isolement des migraineux forcés de se réfugier dans le noir. Reste que si la lumière verte est mieux tolérée que les autres en cas de crise de migraine, il faut rappeler que même dans l'obscurité, la migraine reste douloureuse et difficilement supportable. L'obscurité reste en effet la meilleure alternative contre ces douleurs, preuve en est que les chercheurs réservaient des plages de plusieurs minutes dans le noir complet aux volontaires.

jeudi 17 novembre 2016

Les troubles psychologiques et les maladies physiques vont souvent de pair.


 Les psychologues de l'Université de Bâle et de l'Université de la Ruhr de Bochum ont identifié des associations chronologiques entre la survenue de maladies physiques et mentales : l'arthrite et les maladies digestives sont plus fréquentes après la dépression, tandis que les troubles anxieux sont suivis de maladies cutanées.
Dans le cadre d'un projet financé par la Fondation nationale suisse pour la science, un groupe de recherche dirigé par le Dr Marion Tegethoff, en collaboration avec le Professeur Gunther Meinlschmidt de la Faculté de psychologie de l'Université de Bâle, a examiné le modèle relationnel chronologique entre les maladies physiques et les troubles mentaux chez les adolescents. Dans la revue PLOS ONE, ils ont analysé les données d'un échantillon représentatif de 6 483 adolescents américains  âgés de 13 à 18 ans.

Les troubles de l'humeur tels que la dépression étaient fréquemment suivis par l'arthrite et des maladies du système digestif, alors les troubles anxieux étaient plus souvent suivis par des maladies cutanées.
Les troubles anxieux étaient plus fréquents si la personne souffrait déjà d'une maladie cardiaque. L'épilepsie était suivie par un risque accru de troubles alimentaires.

voir
 Chronology of Onset of Mental Disorders and Physical Diseases in Mental-Physical Comorbidity – A National Representative Survey of Adolescents
Marion Tegethoff, Esther Stalujanis, Angelo Belardi, Gunther Meinlschmidt 
Plos One (2016), doi: 10.1371/journal.pone.0165196 


En 2015 Jeremy D. Coplan, professeur de psychiatrie au SUNY Downstate Medical Center, et ses collègues ont examiné 76 personnes traitées en ambulatoire pour des troubles anxieux.
Ils ont pu documenté un niveau élevé d'associations entre le trouble panique et plusieurs domaines de maladie physique.
  • laxité ligamentaire (syndrome d'hypermobilité articulaire, scoliose...)
  • douleur (fibromyalgie, céphalées de tension chroniques, syndrome du côlon irritable...)
  • troubles immunitaires (hypothyroïdie, asthme, allergies nasales...)
Par exemple, la laxité articulaire a été observée chez 59,3% des patients de l'étude comparativement à une prévalence d'environ 10% à 15% dans la population générale; La fibromyalgie a été observée chez 80,3% des sujets comparativement à environ 2,1% à 5,7% dans la population générale; Et la rhinite allergique a été observée chez 71,1% des sujets, alors que sa prévalence est d'environ 20% dans la population générale.
« Notre argument, explique le chercheur, est que les délimitations en médecine peuvent être arbitraires et que certains troubles qui sont considérés comme de multiples conditions disparates et indépendantes peuvent être mieux considérés comme étant un trouble spectral unique avec une étiologie (cause) génétique commune ».
« Les patients méritent une compréhension scientifique plus éclairée des troubles spectraux. Les troubles qui font partie du syndrome décrit dans cette étude peuvent être mieux compris si on les considère comme une entité commune. »

Jeremy Coplan, Deepan Singh, Srinath Gopinath, Sanjay J. Mathew, and Antonio Bulbena
The Journal of Neuropsychiatry and Clinical Neurosciences 2015 27:2, 93-103 

La sophrologie, la méditation de pleine conscience sont des thérapies psychocorporelles qui considèrent l'être humain dans sa globalité



Migraine ou céphalée de tension?

 La migraine sans aura doit être distinguée de la céphalée de tension épisodique à la quelle elle peut être par ailleurs associée.



Migraine Céphalée de tension
                   Siège                  Unilatéral                    Bilatéral
Durée 4-72h 30 min-7j
Signes d'accompagnement Intolérance au bruit et/ou à la lumière Plus rares (parfois intolérance au bruit)
Intensité Modérée/sévère Légère/modérée
Type Souvent Pulsatile Compression, étau
Impact de l’effort physique Aggravation Pas d’aggravation

 Dans tous les cas, l'avis de votre médecin est indispensable.

 La migraine

La migraine est une affection sous forme de crises de céphalée (mal de tête), parfois associée à d’autres symptômes.
Dans 20% des cas, une migraine peut être associée à une aura (phénomène neurologique qui précède la douleur dans la migraine (troubles visuels, modification du champ visuel, éclairs devant les yeux,  fourmillements d'un côté, bafouillement.....)
Cette céphalée d’intensité modérée à sévère est souvent majorée par les efforts physiques de routine (comme montée les escaliers) et elle est associée à d’autres symptômes au premier rang desquels des nausées voire des vomissements et une intolérance aux bruits et à la lumière.
La douleur de la crise migraineuse est secondaire à inflammation et une dilatation des vaisseaux cérébraux et notamment des artères des méninges (enveloppes du cerveau). Cette inflammation et cette dilatation sont provoqués par une stimulation nerveuse, il s’agit donc d’un phénomène neuro-vasculaire.
Une prédisposition d’origine génétique fait que les migraineux ont un une excitabilité cérébrale  différente des sujets non migraineux. Cette prédisposition rend les migraineux particulièrement vulnérables à de nombreux facteurs déclenchants et le seuil de déclenchement est variable selon la sévérité de la migraine. Par ailleurs, ce seuil peut-être modulé par d’autres facteurs comme l’état émotionnel.
 Le traitement de la migraine est multiple et repose sur l’éviction des facteurs déclenchant, le traitement de la crise et le traitement de fond.

L’approche pharmacologique peut être couplée à une approche non pharmacologique.
Dans ce cadre, les techniques ayant montré leur efficacité sont la relaxation-sophrologie,
 le rétrocontrôle biologique (bio-feed-back) et la thérapie cognitive-comportementale, techniques qui ont en commun de permettre  une meilleur gestion du stress. L’acupuncture peut-être proposé.



voir le site de la Société Française d'Etudes des Migraines et Céphalées - SFEMC 
http://sfemc.fr/ 

A REVOIR. Allô Docteurs, Migraine, maux de tête : quelles solutions ?


La sophrologie, recommandée en cas céphalée épisodique fréquente et de la céphalée de tension chronique

 Quels sont les signes cliniques d'une céphalée de tension?

Les céphalées de tension sont les céphalées (‘maux de tête’) les plus fréquemment observées en population générale. Comme les migraines, les céphalées de tension sont des céphalées "primaires", c’est à dire qu’elles ne sont pas symptomatiques d' une affection.
 Selon le nombre de jours de céphalées par mois, on distingue les
  •  céphalées de tension épisodiques (moins de 15 jours de céphalées tensives par mois) 
  • céphalées de tension chroniques (plus de 15 jours de céphalées tensives par mois depuis au moins trois mois).
Différents facteurs peuvent favoriser ou aggraver les céphalées de tension, tels qu’une anxiété, une perception et/ou une gestion du stress anormale.
En cas de céphalées de tension chroniques, il faut également chercher une surconsommation médicamenteuse (consommation régulière d’au moins 10 jours/mois d’antalgiques contenant de la caféine, de la codeine, de la poudre d'opium ou du tramadol, ou consommation régulière d’au moins 15 jours/mois pour le paracétamol, l’aspirine et/ou les anti-inflammatoires).



Comment se manifestent les céphalées de tension ?
Les céphalées de tension se manifestent souvent comme une "pression" ou un "serrement" au niveau de la tête, de localisation le plus souvent bilatérale. L’intensité de la céphalée est habituellement faible ou modérée, mais la durée des douleurs peut être importante, jusqu'à 7 jours pour les épisodes de céphalées de tension épisodiques, voire continue dans la céphalée de tension chronique.
A la différence de la migraine, la céphalée de tension n' est pas aggravée par les activités physiques de routine (comme la montée des escaliers) et n'est pas associée à des troubles digestifs.
Les patients souffrant d'une céphalée de tension peuvent présenter une hypersensibilité modérée  aux stimulations de l’environnement comme une gène au bruit ou à la lumière mais pas l’association des deux symptômes.

Quels sont les mécanismes physiopathologiques de la céphalée de tension

Les mécanismes physiopathologiques précis de la céphalée de tension ne sont toujours pas connus. Néanmoins, la recherche clinique a permis de faire quelques hypothèses qui sont différentes selon que l’on considère la céphalée de tension épisodique et la céphalée de tension chronique.

La céphalée de tension épisodique reposerait essentiellement sur des facteurs musculaires. Ainsi, la raison de la douleur serait une augmentation de la tension et de la sensibilité des muscles péri-crâniens (trapèze dans le cou, masséter et temporal au niveau de la face), souvent favorisée par des facteurs posturaux.

La céphalée de tension chronique est probablement  plus liée à un mauvais fonctionnement des systèmes de contrôle de la douleur que l’on retrouve dans d’autres douleurs dites dysfonctionnelles comme la fibromyalgie.

Dans les deux formes de céphalée de tension, une mauvaise gestion du stress est fréquemment présentée par les patients.

Comment traiter une céphalée de tension?

A contrario de la migraine, il y a malheureusement peu de données scientifiques validées sur le traitement des céphalées de tension.
Le traitement de la céphalée épisodique peu fréquente repose essentiellement sur le traitement pharmacologique des épisodes douloureux  limité à la prise de paracétamol ou d'aspirine, voire d'anti-inflammatoires non stéroïdiens.
Le traitement de la céphalée épisodique fréquente et de la céphalée de tension chronique est plus difficile. L'utilisation répétée d'antalgiques doit être évitée, afin de prévenir l'abus médicamenteux. La prise en charge doit être globale et peut associer un traitement de fond pharmacologique ( le plus souvent un antidépresseur à faibles posologies dans une finalité antalgique), à un traitement non pharmacologique permettant une meilleure gestion du stress (relaxation, sophrologie, hypnose, thérapies cognitivo-comportementales) et une limitation des facteurs musculaires d'entretien ( ostéopathie, kinésithérapie, gouttière gingivale en cas de dysfonction de l'articulation)

Le syndrome de dysfonctionnement de l’articulation temporo-mandibulaire (SADAM) associe  des douleurs induites par les mouvements de la mâchoire ou la mastication, une réduction ou une symétrie de l’ouverture buccale, des ‘bruits’ au niveau des articulations temporo-mandibulaires lors des mouvements de la mâchoire, une sensibilité au toucher des articulations temporaux mandibulaires et un bruxisme qui correspond au grincement des dents la nuit.

Ce syndrome n’est pas la cause de la céphalée de tension, mais il est très fréquemment associé à cette dernière.
Il est en effet secondaire à des contractures des muscles masséter et temporal.
Il est par ailleurs fortement favorisé par la mauvaise gestion du stress.
Il peut nécessiter la mise en place d’une gouttière gingivale, notamment la nuit.


voir le site de la Société Française d'Etudes des Migraines et Céphalées - SFEMC 

mardi 25 octobre 2016

Douleurs au pluriel

On distingue plusieurs types de douleurs :

 douleur aiguë

La douleur aiguë est liée à une atteinte tissulaire brutale (traumatisme, lésion inflammatoire, distension d’un viscère…).
Elle est souvent associée à des manifestations neurovégétatives (tachycardie, sueurs, élévation de la pression artérielle) et à une anxiété.
C’est un signal d’alarme dont la ‘finalité’ est d’informer l’organisme d’un danger pour son intégrité.
Une fois son origine identifiée, sa prise en charge nécessite sa reconnaissance et un traitement essentiellement pharmacologique reposant sur les antalgiques  avec un objectif curatif.

Douleur procédurale

C’est la douleur induite par les soins (ponction, pansement, prise  de sang, mobilisation du patient…).
Sa prise en charge nécessite l’identification préalable des soins potentiellement douloureux et la mise en place de protocoles qui ont un objectif préventif (pose d’anesthésiant local avant ponction, prémédication avec un antalgique d’action rapide immédiatement avant la réalisation d’un soin douloureux…).
La prise en charge de la douleur procédurale doit être une préoccupation constante de tout professionnel de santé et c’est un élément majeur de la qualité des soins

Douleur chronique


La Haute Autorité de Santé définit la douleur chronique comme un syndrome multidimensionnel exprimé par la personne qui en est atteinte. Il y a douleur chronique, quelles que soient sa topographie et son intensité, lorsque la douleur présente plusieurs des caractéristiques suivantes :
  • persistance ou récurrence, qui dure au-delà de ce qui est habituel pour la cause initiale présumée, notamment si la douleur évolue depuis plus de 3 mois ; réponse insuffisante au traitement ; 
  • détérioration significative et progressive du fait de la douleur, des capacités fonctionnelles et relationnelles du patient dans ses activités de la vie journalière, au domicile comme à l’école ou au travail.
Lorsqu’elle devient chronique, la douleur perd sa ‘finalité’ de signal d’alarme et elle devient une maladie en tant que telle qu’elle que soit son origine.
La douleur chronique est fréquemment associée à des facteurs de renforcement qui participe à son entretien comme :
  • des manifestations psychopathologiques ;
  • une demande insistante par le patient de recours à des médicaments ou à des procédures médicales souvent invasives, alors qu‘il déclare leur inefficacité à soulager ;
  • une difficulté du patient à s’adapter à la situation. 
La douleur chronique doit être appréhendée selon un modèle bio-psycho-social, sa prise en charge reposant d’abord sur une démarche évaluative puis sur un traitement, souvent multi-modal, dont l’objectif est réadapatif.
Il est possible de distinguer trois types de douleur chronique en fonction des mécanismes à l’origine de cette dernière :
  • La douleur nociceptive ou par excès de nociception ou encore inflammatoire est une douleur due à une stimulation persistante et excessive des récepteurs périphériques de la douleur : les nocicepteurs. Ce type de douleur peut survenir dans un contexte de cancer mais également dans des contextes plus ‘bénins’ comme la maladie arthrosique. La douleur nociceptive répond aux antalgiques, cette approche pharmacologique devant être intégrée à une approche thérapeutique plus globale commune à toute douleur chronique.
  • la douleur neuropathique liée à une lésion ou une maladie affectant le système somato-sensoriel. L’atteinte du système somato-sensoriel peut survenir dans un contexte neurologique évident (douleur survenant après un zona, neuropathie diabétique douloureuse, douleur central survenant après un accident vasculaire cérébral..). Elle survient aussi  fréquemment dans un contexte non neurologique comme les suites post-opératoires, la chirurgie (même bénigne) étant souvent responsable de lésions nerveuses. Elle se caractérise par des douleurs à type de brulures ou de décharges électriques avec à l’examen clinique une moindre sensibilité ou, au contraire, une douleur induite par un stimulus non douloureux. Elle est souvent associée à des signes sensitifs non douloureux ( fourmillements, picotements, engourdissements,  prurit). Sur le plan pharmacologique, la douleur neuropathique répond mal aux antalgiques et elle justifie en première intention de certains anti-épileptiques et/ou de certains anti-dépresseurs.
  •  la douleur dysfonctionnelle ou centrale : Il s’agit d’une douleur liée à un dysfonctionnement des systèmes de contrôle de la douleur sans lésion identifiée. 
    Les douleurs dysfonctionnelles les plus fréquentes sont la fibromyalgie, la céphalée de tension, la colopathie ‘fonctionnelle’ ou la cystite interstitielle.
    En l’état de nos connaissances, la douleur dysfonctionnelle répond peu au traitement pharmacologique et sa prise en charge thérapeutique fait plus appel à des approches non-pharmacologiques