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mercredi 15 mars 2017

L'hypnose et l'activité du cerveau

  L'hypnose a prouvé son utilité clinique, pourtant les changements dans l'activité de cerveau sous-jacente à l'état hypnotique n'ont pas encore été complètement identifiés.
Dans une étude, publiée dans la revue Cerebral Cortex, des chercheurs de l'université de Stanford ont observé les modifications de l'activité du cerveau se produisant durant l'hypnose.
 Les scientifiques ont scanné les cerveaux de 57 volontaires très réceptifs à l'hypnose ou, au contraire, très peu. Tous les sujets ont subi quatre conditions dans le scanner: repos, récupération de la mémoire et deux expériences d'hypnose différentes guidées par des instructions préenregistrées standard en ordre équilibré.


Au moyen de l'imagerie par IRM, trois changements ont été observés lors de l'hypnose :

  • Une diminution de l'interaction entre le cortex préfrontal dorsolatéral (siège de la planification, des fonctions exécutives…) et le circuit du mode par défaut (qui inclut le cortex préfrontal médian et le cortex cingulaire postérieur). Cette diminution de connectivité représente probablement le décalage entre les actions et la prise de conscience des actions, dit Spiegel. « Quand vous êtes vraiment engagé dans quelque chose, vous ne pensez pas vraiment que vous le faites », dit-il. Au cours de l'hypnose, cette dissociation entre l'action et la réflexion permet de se livrer à des activités suggérées sans consacrer de ressources mentales à être conscient de le faire. (De sorte, raconte le chercheur dans le New York Times, qu'un hynoptiseur peut amener un entraîneur de football à danser comme une ballerine sans qu'il se sente gêné de ce qu'il fait.)
  • Une diminution de l'activité a été constatée dans la région dorsale cingulaire antérieure, qui fait partie du réseau de saillance, lequel sélectionne les stimuli pertinents sur lesquels porter l'attention. «Dans l'hypnose, vous êtes tellement absorbé que vous ne vous souciez de rien d'autre », explique le chercheur.
  • Une augmentation de la connectivité entre deux régions est aussi constatée : le cortex préfrontal dorso-latéral et l’insula. Il s'agit, explique le chercheur, une connexion corps-esprit qui aide le cerveau à déterminer et contrôler ce qui se passe dans le corps.
 L'hypnose est définie par l'Association américaine de psychologie (APA) comme étant « un état de conscience impliquant une attention focalisée et une moindre sensibilité à l’environnement, caractérisé par une capacité accrue de réponse à la suggestion ».
 «Chez les personnes qui peuvent être facilement hypnotisées, souligne le chercheur, l'hypnose se montre efficace dans la réduction de la douleur chronique, la douleur de l'accouchement et d'autres procédures médicales ; le traitement de la dépendance au tabac et le syndrome de stress post-traumatique ; ainsi que le soulagement de l'anxiété ou de phobies. »

Les résultats de la présente étude pourraient ouvrir la voie à des traitements pour les personnes peu hypnotisables. « Nous sommes certainement intéressés par l'idée qu'il soit possible de changer la capacité d'être hypnotisé en stimulant des régions spécifiques du cerveau », dit-il.

« Un traitement combinant la stimulation cérébrale avec l'hypnose pourrait améliorer les effets analgésiques connus de l'hypnose et potentiellement remplacer les médicaments antidouleur et anxiolytiques qui ont des effets secondaires et créent une dépendance », dit-il. Évidemment, les recherches doivent se poursuivre avant qu'un tel traitement puisse être mis en œuvre.

 voir l'article :


Brain Activity and Functional Connectivity Associated with Hypnosis

lundi 14 novembre 2016

l'EMDR indiquée en cas de stress post traumatique

EMDR est l'acronyme de Eye Movement desensitization and reprocessing, que l'on peut traduire en français par "désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires". L'EMDR consiste à revivre un événement traumatisant pendant que le thérapeute effectue une stimulation. Pour ce faire, le praticien dispose de trois techniques :
  • la stimulation visuelle : le patient suit de gauche à droite le doigt du thérapeute créant ainsi des mouvements oculaires
     
  • la stimulation tactile : le praticien touche par exemple les genoux du patient, à gauche puis à droite
     
  • la stimulation sonore : un son est émis alternativement dans l'oreille droite puis dans l'oreille gauche du patient, on parle alors de stimulation bilatérale alternée
     
L'objectif de la thérapie EMDR est d'arriver à dissocier un souvenir de sa charge émotionnelle. En état de stress post-traumatique, l'émotion n'est plus régulée correctement. Elle est stockée dans le cerveau avec le traumatisme. Car l'amygdale responsable du traitement de la peur est hyperactive. Elle envoie sans arrêt un message de danger. À l'inverse, le cortex préfrontal n'est pas assez actif et n'arrive plus à calmer l'amygdale.

À Marseille, une équipe de chercheurs a voulu comprendre comment la thérapie EMDR agit sur le cerveau. Un protocole de conditionnement et d'extinction de la peur a été mené sur des patients. Grâce à une IRM, le cerveau des patients a été analysé avant et après la thérapie EMDR.
Résultat : après la thérapie EMDR, les chercheurs ont constaté une amélioration du fonctionnement des structures impliquées dans le traitement émotionnel et notamment l'hippocampe impliqué dans la mémoire, l'amygdale gauche et l'amygdale droite impliquées dans la réponse émotionnelle… En résumé, tout le circuit émotionnel retrouve un fonctionnement adéquat lors de l'extinction de la peur.
Ce sont les stimulations bilatérales alternées qui permettent d'éteindre plus rapidement la peur et de restocker les souvenirs traumatisants sans l'émotion jusque-là associée.

La relaxation indiquée en cas de stress post traumatique

Troubles de l'alimentation, cauchemars, crises de panique, isolement ou agitation inhabituelle… ces symptômes doivent aussi alerter les parents et les inciter à consulter un professionnel de santé car ils peuvent révéler un stress post-traumatique, y compris chez des enfants et des adolescents qui n'étaient pas sur la promenade des Anglais le soir de l'attentat.

Une prise en charge adaptée

Une thérapie individuelle ou collective peut aider les enfants et les adolescents à surmonter le sentiment d'insécurité. Pour ces jeunes patients, des outils adaptés existent : jeux, dessins ou encore dispositifs en 3D…  Pr Florence Askenazy, psychiatre, la relaxation permet également de travailler sur les émotions.

mardi 19 avril 2016

Stress dépression, guérir autrement

Une vidéo en 4 parties de David Servan-Schreiber sur les solutions alternatives au antidépresseurs dans le traitement de la dépression et du stress posttraumatique :
le sport, la méditation, l'EMDR
 Une première partie sur le cerveau et les émotions


Sante - Dr David Servan-Schreiber 1/4 par jean_dupont

puis partie 2


Sante - Dr David Servan-Schreiber - 2/4 par jean_dupont


puis partie 3

Sante - Dr David Servan-Schreiber 3/4 par jean_dupont



puis partie 4


- Sante - Dr David Servan-Schreiber 4/4 par jean_dupont


lundi 18 avril 2016

Un traitement du stress post-traumatique associant un bêta-bloquant à la psychothérapie testé en France

Un traitement du stress post-traumatique, qui associe le médicament propranolol (Avlocardyl et autres) à la psychothérapie, sera testé à grande échelle en France dans des centres et des hôpitaux franciliens. Le propranolol est un médicament de la classe des bêta-bloquants déjà utilisé pour le traitement de l'hypertension et la migraine.
Le traitement, d'une durée de six semaines, été développé au Québec par le psychologue et professeur de psychiatrie Alain Brunet de l'Université McGill.
L’étude, qui inclura 400 personnes, devrait débuter d’ici à trois semaines, a indiqué, le 13 avril, le Pr Bruno Millet (Pitié-Salpêtrière), qui coordonnera l'étude.
Le traitement vise, explique le Pr Brunet, à diminuer la charge émotionnelle d’un souvenir traumatique.
Depuis décembre 2015, une centaine de cliniciens de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ont été formés à la « méthode Brunet ». Les patients qui seront inclus dans l’étude (principalement des personnes touchées par les attentats de novembre dernier) seront répartis en deux groupes : l’un recevra le nouveau traitement, l’autre continuera à recevoir des traitements classiques.

voir cette vidéo qui détaille cette approche
 

dimanche 6 juillet 2014

Stress posttraumatique

les ruminations traumatiques

Le psychologue Mardi J. Horowitz, spécialiste des états de stress posttraumatique, a été l'un des premiers à s'intéresser à ces ruminations mentales. Des pensées « intrusives » se manifestent d'abord par le retour involontaire de souvenirs liés l'événement : la victime d'un accident ne cesse de revivre les mêmes scènes ? choc, blessés, vision du sang. Un autre signe marquant de cette rumination est justement la tentative de la personne pour repousser ces pensées.
Pour M.J. Horowitz, ces pensées intrusives ne relèvent pas forcément de la pathologie, mais seraient plutôt nécessaires à l'équilibre psychologique de l'individu. Suite à un choc émotionnel intense, notre appareil mental met en place des réponses visant à une réadaptation à la vie normale. Cela se manifeste par des tentatives répétées de mettre toute information nouvelle en adéquation avec les schémas mentaux préexistants. Tant que l'incomplétude demeure, les ruminations intrusives persistent.
 Dans les situations les moins graves, cette tentative s'effectuera par assimilation, c'est-à-dire par l'intégration des informations nouvelles dans un schéma mental préalable. Si la rupture est plus profonde, un processus d'accommodation sera nécessaire : cette fois, il s'agira de l'adaptation des schémas mentaux anciens aux informations nouvelles.

M.J. Horowitz insiste sur la dynamique des ruminations au fil du temps. Une oscillation entre moments de confrontation et ceux de périodes d'évitement (autant des lieux où s'est déroulé l'événement que des émotions associées) permettrait, à terme, de se remettre d'un épisode pénible de ce type.
 Enfin, M.J. Horowitz a montré dans des études de laboratoire que les ruminations qui surviennent dans le cas de situations traumatiques reposent sur les même mécanismes que ceux qui surviennent dans la vie quotidienne, même s'ils sont d'intensité et de fréquence plus fortes.

Un modèle socio-cognitif des ruminations

Le modèle proposé par la psychologue Ronnie Janoff-Bulman comporte un certain nombre de similarités avec celui de M.J. Horowitz. La contribution majeure de cette chercheuse de l'université du Massachussetts concerne nos systèmes de croyances fondamentales que l'événement traumatique vient perturber. Trois types de « croyances de base » sont brutalement remises en cause.
La première croyance concerne la bienveillance du monde environnant. Même si beaucoup de gens pensent que le « monde extérieur » est imparfait (« trop de souffrances, d'injustices, etc. »), la plupart des gens pensent que leur monde à eux est plutôt indulgent à leur égard. Du moins, il l'était jusque-là !
La deuxième croyance repose sur l'idée que le monde a du sens. Chacun pense de façon inconsciente que les événements de la vie se déroulent suivant des règles établies et aisément compréhensibles. Par exemple, un schéma bien ancré veut qu'une personne qui fait régulièrement de l'exercice physique a des chances de rester en bonne santé. Que cette personne contracte une grave maladie et notre croyance dans un monde cohérent et juste s'effondre.
La troisième croyance concerne sa propre valeur. Chacun croit plus ou moins à sa bonne étoile et pense qu'il « vaut » quelque chose. Le choc traumatique conduit à un brusque effondrement de l'estime de soi.
Reprenons l'exemple de l'agression. Les trois croyances de base apparaissent soudain comme caduques : « Le monde qui m'entoure est hostile, injuste, insensé et je ne vaux plus rien. » Cette invalidation signale la perturbation profonde des systèmes de référence de l'individu, ainsi que la nécessité d'un traitement actif de l'information émotionnelle afin de les reconstruire progressivement.

L'appréhension anxieuse

Gregory A. Miller, de l'Université de l'Illinois a mis en évidence deux types d'anxiété: l'appréhension anxieuse (l'inquiétude, rumination) et l'activation anxieuse (la peur intense et/ou la panique). Ces deux types d'anxiété peuvent se produire seuls ou en combinaison, avec des implications importantes pour le traitement.

La recherche montre que ces deux types d'anxiété reposent sur des mécanismes cérébraux différents.
Pour tester si les modes d'activation du cerveau supportaient l'hypothèse de ces deux types d'anxiété, les chercheurs ont choisi 42 participants parmi 1,099 étudiants selon qu'ils présentaient une tendance importante à l'anxiété d'appréhension ou à l'activation anxieuse ou les deux.

Le groupe présentant de l'anxiété d'appréhension avait une plus grande activité cérébrale dans la partie inférieure gauche du lobe frontal qui est associée avec la production du langage.

Tandis que le groupe avec une activation anxieuse, avait plus grande activité dans la partie inférieure du lobe temporal de l'hémisphère droit, que l'on croit impliquée dans la perception et la réponse aux signaux de danger.

Des études complémentaires montrent que les gens ayant des diagnostics d'anxiété généralisée et de trouble obsessionnel-compulsif ont une plus grande activité dans le lobe gauche (indiquant plutôt une anxiété d'appréhension), tandis que ceux qui ont un trouble panique ont une activité plus importante dans le lobe droit.