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lundi 28 août 2017

L'Acceptation des émotions négatives favorise une meilleure santé psychologique

Des études ont lié l'acceptation à une meilleure santé psychologique. Iris B. Mauss, professeure de psychologie à l'Université de Californie à Berkeley, et ses collègues ont mené une série d'études pour vérifier l'hypothèse selon laquelle ce lien serait expliqué par le fait que l'acceptation permet de moins réagir aux expériences mentales négatives.
Dans une première étude, menée avec 1003 personnes, l'acceptation des émotions négatives favorise le bien être psychologique, la diminution des symptômes d'anxiété et de dépression
Dans une 2e étude de laboratoire menée avec 156 participants, l'acceptation habituelle prédisait des réponses émotionnelles négatives moins fortes à une expérience de stress (parler devant un public avec peu de préparation)
Enfin, dans une 3e étude, menée avec 222 participants, l'acceptation prédisait moins d'émotions négatives en réponse aux stresseurs quotidiens, lesquelles rendaient compte du lien entre l'acceptation et la santé psychologique 6 mois plus tard.
L'acceptation des expériences mentales a notamment été décrite comme faisant partie des processus de flexibilité psychologique : 6 processus favorisant la flexibilité psychologique ciblés par la thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT).

Is Accepting Unpleasant Emotions the Secret to Happiness?
 https://www.psychologytoday.com/blog/the-athletes-way/201708/is-accepting-unpleasant-emotions-the-secret-happiness

Les références
Brett Q. Ford, Phoebe Lam, Oliver P. John, Iris B. Mauss. «Les avantages de la santé psychologique de l'acceptation d'émotions et de pensées négatives: laboratoire, journal et preuve longitudinale». Journal of Personality and Social Psychology, 2017; DOI: 10.1037 / pspp0000157
Maya Tamir, Shalom H. Schwartz, Shige Oishi et Min Y. Kim. "Le secret du bonheur: se sentir bien ou se sentir bien?" Journal of Experimental Psychology: General (première publication en ligne, 14 août 2017) DOI: 10.1037 / xge0000303

mardi 27 décembre 2016

Manger pour fabriquer plus de neurones


On a longtemps cru que la neuroplasticité reposait exclusivement sur la formation de nouvelles connexions, hors l'idée que des neurones naissent tout au long de la vie et que cela joue sur l'apprentissage s'est imposée au cours des années 1990.

La production de nouveaux neurones serait limitée à quelques régions du cerveau, en particulier l'hippocampe et la zone subventriculaire, elle-même connectée au bulbe olfactif.

Quand on  bloque la neurogenèse  par des traitements aux rayons X ou par des médicaments chez des souris, celles-ci réussissent beaucoup moins bien les tests de mémorisation. Les deux hippocampes assurent en effet le transfert des souvenirs vers la mémoire à long terme mais l'hippocampe n'est pas seulement un maître d'œuvre de l'apprentissage, il participe aussi à la régulation de l'humeur.

En 2013, l'équipe de Nuno Sousa, de l'université de Minho, au Portugal, a ainsi montré que des rats chez qui elle a été arrêtée deviennent « dépressifs » : ils perdent le goût de l'eau sucrée et l'envie de survivre quand les conditions sont hostiles, des signes caractéristiques de la dépression chez les modèles animaux.

De l'avis des chercheurs, d'autres expériences sont encore nécessaires pour confirmer que les perturbations de la neurogenèse sont la cause et non la conséquence des troubles psychiques. Ils soulignent en outre que l'essentiel n'est pas le nombre de nouveaux neurones créés, mais la proportion d'entre eux qui survivent et s'intègrent dans les réseaux de l'hippocampe. En effet, la plupart des jeunes neurones meurent assez vite.

Si la bonne humeur et la mémoire dépendent de la production de neurones, les aliments qui la favorisent doivent avoir un effet positif sur notre psychisme. Sandrine Thuret neurobiologiste au King's College, à Londres, est convaincue qu'on peut en attendre de nombreux bénéfices : « Bien que l'action des neurones nouvellement créés reste limitée à l'hippocampe, cette structure participe à de nombreux processus cérébraux », explique la neurobiologiste. Autrement dit, la question « quels nutriments absorber pour développer nos capacités cognitives ? » devient « comment adapter nos habitudes alimentaires pour augmenter la cadence de nos usines à neurones ?
Ce menu n'est pas facile à établir, car les humains ne sont pas des rats de laboratoire, que l'on peut élever dans un environnement standardisé, avec un programme bien défini, et observer à volonté.

Espacer les repas stimule le cerveau

 En 2009, l'équipe de la neurologue Agnes Flöel, de l'université de Münster (Allemagne), a vérifié que "moins manger" améliorait les capacités cognitives. Pendant trois mois, les chercheurs ont restreint d'un tiers le nombre de calories absorbées par des personnes âgées. Cette courte période a suffi pour que les sujets obtiennent de bien meilleurs résultats à des tests de mémoire par rapport aux membres d'un groupe témoin. Ce coup de fouet cognitif aurait été sélectionné par l'évolution : en période de famine, les humains auraient eu besoin d'être très actifs mentalement pour trouver de la nourriture.
Les résultats d'Alain Dagher et ses collègues de l'université McGill, à Montréal, suggèrent d'ailleurs que la ghréline, une hormone provoquant la sensation de faim, améliore la mémoire. Les chercheurs ont montré des images de nourriture à vingt participants et injecté de la ghréline à douze d'entre eux. Cette injection a intensifié l'activité dans plusieurs régions de leur cerveau, comme l'a montré l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle. En outre, le jour d'après, les participants qui avaient reçu de la ghréline se souvenaient mieux des images de nourriture.
Jeûner pour augmenter ses capacités mentales risque cependant de n'être pas du goût de tout le monde. Sandrine Thuret propose une option moins drastique : espacer les repas en mangeant globalement à peu près les mêmes quantités. Un régime qu'elle a appliqué à ses souris, nourries un jour sur deux mais avec un buffet à volonté, de sorte que la quantité totale de calories absorbées ne diminuait que légèrement. Or ce jeûne intermittent a aussi stimulé la création de neurones. Selon la neurobiologiste, espacer les repas modifie l'expression de certains gènes impliqués dans la neurogenèse.

Neurogenèse stimulée par les oméga 3

Comment composer un menu pour vos neurones ? De nombreuses études chez les rongeurs ont montré que la neurogenèse est stimulée par les acides gras oméga 3. Pas étonnant, quand on sait que 60 % de la masse sèche du cerveau est constituée de lipides, en particulier de deux oméga 3, l'acide eicosapentaénoïque (EPA) et l'acide docosahexaénoïque (DHA). Créer de nouveaux neurones nécessite donc de fournir ces acides gras à l'encéphale en quantité suffisante.
L'influence des oméga 3 a par exemple été observée chez les souris transgéniques « Fat-1 », qui les produisent par elles-mêmes grâce à un gène du vers Caenorhabditis elegans. Non seulement ces souris fabriquent beaucoup plus de neurones que les souris normales, mais elles obtiennent aussi de meilleures performances à des tests de mémoire tels que la piscine de Morris.

Les oméga 3, aussi efficaces que des antidépresseurs

Les êtres humains, quant à eux, doivent trouver les oméga 3 dans leur nourriture. L'EPA et le DHA sont surtout présents dans les poissons gras, saumon ou anchois. Notre métabolisme peut aussi les fabriquer à partir de l'acide α-linolénique (ALA) des huiles végétales, mais en quantité trop faible. Les chercheurs conseillent donc de manger régulièrement des poissons gras.
Ce pourrait être aussi important pour la santé mentale, puisque plusieurs troubles psychiques semblent liés à des perturbations du métabolisme des oméga 3. Ainsi, les patients dépressifs ont souvent un taux d'oméga 3 dans le sang plus faible que la moyenne. En outre, l'équipe de Mehdi Tehrani-Doost, de l'université de Téhéran, a montré en 2008 que l'administration d'epa pendant huit semaines diminue leurs symptômes aussi efficacement que l'antidépresseur classique fluoxétine.
Les chercheurs ont obtenu des effets bénéfiques avec les oméga 3 dans des pathologies aussi diverses que le trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (tdah), la schizophrénie ou la maladie d'Alzheimer. Cependant, ces effets peinent à être reproduits et les résultats sont parfois contradictoires. Cela prouve une fois de plus la complexité de ces maladies, où de multiples facteurs s'entrecroisent. Ainsi, le sang des patients dépressifs contient également une quantité élevée de cytokines 1 bêta, des molécules inflammatoires qui freinent la création de neurones. Les oméga 3 ne sont donc qu'une pièce du puzzle.

Du curry et des fruits pour la mémoire

Outre ces acides gras, les polyphénols intéressent les spécialistes de la neurogenèse. Il s'agit de composés chimiques produits par les plantes, qui s'en servent notamment pour se protéger des rayonnements ultraviolets ou d'autres facteurs environnementaux nocifs. Prenons par exemple la curcumine, l'un des principaux ingrédients de la poudre de curry. Chez le rat, elle stimule la neurogenèse et atténue le stress, l'anxiété et la dépression. C'est la raison pour laquelle, en 2006, le neurobiologiste Tze-Pin Ng et ses collègues de l'université nationale de Singapour ont interrogé sur leur consommation de curry plus de mille personnes âgées, dont ils ont testé les capacités mnésiques. Pour ce faire, ils ont utilisé le test de Folstein, qui évalue les fonctions cognitives et sert notamment au dépistage de la maladie d'Alzheimer. Le score à ce test est au maximum de 30 points et s'il est inférieur à 20, il signale une démence modérée. Les personnes qui prenaient du curry au moins une fois tous les six mois ont obtenu en moyenne un score de 25, contre 23 pour celles qui n'en consommaient jamais.
Les polyphénols semblent agir par l'intermédiaire d'autres molécules présentes dans notre organisme. En 2011, l'équipe de Kenji Okajima, de l'université de Nagoya, au Japon, a administré du resvératrol à des souris. Ce polyphénol a accru la libération d'un facteur de croissance nommé IGF-1 (pour insuline-like growth factor 1, ou facteur de croissance 1 ressemblant à l'insuline) dans l'hippocampe, ce qui a stimulé la neurogenèse. Le resvératrol abonde dans le vin rouge, mais attention à ne pas en abuser : l'alcool freine la croissance de nouveaux neurones, comme l'a montré l'équipe de Tracey Shors, de l'université Rutgers, dans le New Jersey, en 2012.
Autres polyphénols intéressants, les flavonoïdes, présents notamment dans les fruits rouges, comme les myrtilles. L'équipe du biochimiste Jeremy Spencer, de l'université de Reading, en Angleterre, a découvert en 2013 que lorsque des souris absorbent de la poudre de myrtilles, la concentration en protéine BDNF (brain-derived neurotrophic factor, ou facteur neurotrophique dérivé du cerveau) augmente dans leur hippocampe, ce qui favorise la multiplication des neurones. Les rongeurs ont alors obtenu des résultats aux tests de mémoire supérieurs de 30 % à ceux de leurs congénères nourris de façon plus classique.

L'ambivalence du chocolat

Le thé et le cacao sont également riches en flavonoïdes. Le chocolat en contient donc, en particulier le chocolat noir, plus concentré en cacao. À consommer cependant avec modération du fait de sa forte teneur en graisses et en sucres, qui perturbent la neurogenèse.
Ces résultats doivent-ils nous inciter à stimuler nos neurones avec des compléments alimentaires ? « Il y a de tout dans la nourriture, pourquoi prendre des pilules ? », répond Sandrine Thuret, qui préfère pour sa consommation quotidienne des poissons gras, des fruits et des légumes frais.
La frontière entre nutrition et médecine semble s'estomper. De quoi attiser l'appétit des professionnels de l'industrie agroalimentaire, dont les publicités vantent depuis longtemps les supposés bénéfices de leurs produits pour la santé . Cependant, l'option la plus sûre pour faire du bien à ses neurones reste d'imiter la neurobiologiste en mangeant de façon équilibrée !

 

jeudi 17 novembre 2016

Les troubles psychologiques et les maladies physiques vont souvent de pair.


 Les psychologues de l'Université de Bâle et de l'Université de la Ruhr de Bochum ont identifié des associations chronologiques entre la survenue de maladies physiques et mentales : l'arthrite et les maladies digestives sont plus fréquentes après la dépression, tandis que les troubles anxieux sont suivis de maladies cutanées.
Dans le cadre d'un projet financé par la Fondation nationale suisse pour la science, un groupe de recherche dirigé par le Dr Marion Tegethoff, en collaboration avec le Professeur Gunther Meinlschmidt de la Faculté de psychologie de l'Université de Bâle, a examiné le modèle relationnel chronologique entre les maladies physiques et les troubles mentaux chez les adolescents. Dans la revue PLOS ONE, ils ont analysé les données d'un échantillon représentatif de 6 483 adolescents américains  âgés de 13 à 18 ans.

Les troubles de l'humeur tels que la dépression étaient fréquemment suivis par l'arthrite et des maladies du système digestif, alors les troubles anxieux étaient plus souvent suivis par des maladies cutanées.
Les troubles anxieux étaient plus fréquents si la personne souffrait déjà d'une maladie cardiaque. L'épilepsie était suivie par un risque accru de troubles alimentaires.

voir
 Chronology of Onset of Mental Disorders and Physical Diseases in Mental-Physical Comorbidity – A National Representative Survey of Adolescents
Marion Tegethoff, Esther Stalujanis, Angelo Belardi, Gunther Meinlschmidt 
Plos One (2016), doi: 10.1371/journal.pone.0165196 


En 2015 Jeremy D. Coplan, professeur de psychiatrie au SUNY Downstate Medical Center, et ses collègues ont examiné 76 personnes traitées en ambulatoire pour des troubles anxieux.
Ils ont pu documenté un niveau élevé d'associations entre le trouble panique et plusieurs domaines de maladie physique.
  • laxité ligamentaire (syndrome d'hypermobilité articulaire, scoliose...)
  • douleur (fibromyalgie, céphalées de tension chroniques, syndrome du côlon irritable...)
  • troubles immunitaires (hypothyroïdie, asthme, allergies nasales...)
Par exemple, la laxité articulaire a été observée chez 59,3% des patients de l'étude comparativement à une prévalence d'environ 10% à 15% dans la population générale; La fibromyalgie a été observée chez 80,3% des sujets comparativement à environ 2,1% à 5,7% dans la population générale; Et la rhinite allergique a été observée chez 71,1% des sujets, alors que sa prévalence est d'environ 20% dans la population générale.
« Notre argument, explique le chercheur, est que les délimitations en médecine peuvent être arbitraires et que certains troubles qui sont considérés comme de multiples conditions disparates et indépendantes peuvent être mieux considérés comme étant un trouble spectral unique avec une étiologie (cause) génétique commune ».
« Les patients méritent une compréhension scientifique plus éclairée des troubles spectraux. Les troubles qui font partie du syndrome décrit dans cette étude peuvent être mieux compris si on les considère comme une entité commune. »

Jeremy Coplan, Deepan Singh, Srinath Gopinath, Sanjay J. Mathew, and Antonio Bulbena
The Journal of Neuropsychiatry and Clinical Neurosciences 2015 27:2, 93-103 

La sophrologie, la méditation de pleine conscience sont des thérapies psychocorporelles qui considèrent l'être humain dans sa globalité



mercredi 17 août 2016

Les thérapies basées sur la meditation

  Mindfulness Based Stress Reduction (MBSR) ou Réduction du stress basée sur la pleine conscience (MBSR)

Cette méthode a été la première à avoir été codifiée et introduite dans le champ de la médecine par le Jon Kabat-Zinn. Elle propose notamment, face aux moments de stress quotidiens, de ne pas chercher à fuir ces instants par la distraction (en pensant à autre chose) ou l'action (en s’absorbant dans le travail ou un loisir) ; il s’agit au contraire de les accueillir et de les observer, dans un état particulier de conscience et d’éveil corporel qui permet d’éviter qu’ils s’aggravent ou deviennent chroniques.
Indications : états anxieux ou douloureux chroniques.

Mindfulness Based Cognitive Therapy (MBCT) ou Thérapie cognitive basée sur la pleine conscience

Cette thérapie cognitive associée à la pleine conscience a été codifiée et scientifiquement évaluée par Zindel Segal et ses collègues, de l’Université de Toronto. Elle fait précéder les exercices de thérapie cognitive (modification du contenu des pensées négatives) par des exercices de pleine conscience (modification du rapport aux pensées négatives : mieux les tolérer, moins se laisser influencer par elles, sans forcément chercher à les modifier). On cherche à explorer tout ce qu’une pensée négative déclenche en termes d’émotions, de réactions corporelles, d’autres pensées et cycles de rumination, de tendance à se replier sur soi, etc.
Indications : prévention des rechutes chez les personnes dépressives.

Dialectical Behavior Therapy (DBT) ou Thérapie comportementale dialectique

Cette thérapie conçue à l’Université de Washington par la psychologue comportementaliste Marsha Linehan pour les personnes souffrant de troubles de la personnalité borderline, intègre entre autres
une pratique régulière de méditation Zen aménagée. Cette pratique permet à de ces patients de développer une meilleure « conscience émotionnelle », et donc une meilleure tolérance aux émotions douloureuses, qu’ils ont sinon tendance à évacuer par des passages à l’acte (agressions verbales, auto-agressions, gestes suicidaires) ou par la consommation de produits toxiques divers.
Indications : troubles de la personnalité de type borderline.

Open Focus Therapy (OFT) ou Thérapie de l’ouverture attentionnelle

Cette thérapie proposée par le psychologue américain Les Fehmi, repose sur des exercices de régulation attentionnelle très proches de la pleine conscience. Elle consiste à se désengager du mode attentionnel « étroit-objectif » (qui consiste à se focaliser sur une idée) pour privilégier le mode attentionnel qualifié de « diffus-immergé » (garder le champ de sa conscience ouvert à tout ce qui nous entoure, en s’efforçant de ressentir plus que de réfléchir).
Indications : troubles émotionnels, notamment anxieux, troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité.



Thérapie Fondée sur la Compassion (TFC)

Développée par le Professeur Paul Gilbert (Professeur de Psychologie Clinique à l’Université de Derby, GBR), la Thérapie Fondée sur la Compassion (TFC) est une approche multimodale s’étayant sur les thérapies cognitivo-comportementales, en offrant une place prépondérante au Mindfulness (Pleine Conscience) et à une dimension de compassion spécifique.

Cognitively-Based Compassion Training (CBCT) ou entrainement cognitif basé sur la compassion

Enraciné dans le lojong bouddhiste tibétain ou « l' esprit-formation» tradition, Cognitively Basé Compassion Training ™ (CBCT) a été développé à l' Université Emory à Atlanta, en Géorgie par Lobsang Tenzin Negi, Ph. D. L' un des principaux programmes de l' Amérique du Nord dans la méditation de compassion, CBCT est une méthode systématique de formation progressivement l'esprit jusqu'à ce que la compassion devient une réponse spontanée.
La Compassion commence par la stabilisation de l'activité mentale puis progresse par la culture d'un sentiment de proximité avec les autres et la reconnaissance des causes de la souffrance.  
Indications:  réduire le stress, renforcer la résilience, d'améliorer les relations, et / ou tout simplement favoriser cette valeur humaine universelle en soi et des autres

 La thérapie d'acceptation et d'engagement (Acceptance and Commitment Therapy, ACT), 

développée par le psychologue américain Steven C. Hayes et ses collègues, appartient au courant de la thérapie cognitive et comportementale. Plus précisément, elle figure parmi les thérapies récentes dites contextuelles, aussi appelées thérapies de troisième vague.
Elle vise à améliorer la flexibilité psychologique, c'est-à-dire la capacité d'être en contact avec les émotions et les pensées du moment présent tout en maintenant ou changeant au besoin son action dans la poursuite de ses objectifs ou de ses valeurs.
Les habiletés pour composer avec les pensées et les sentiments négatifs sont dites de pleine conscience ("mindfulness"). Dans l'ACT, la méditation n'est qu'un moyen parmi d'autres.

 Méthode Vittoz


Cette psychothérapie, portant le nom du médecin suisse qui la développa au début du XXe siècle, présente de nombreuses analogies avec la pleine conscience. Elle encourage à porter régulièrement attention aux expériences sensorielles de l’instant, afin de se libérer des ruminations et automatismes mentaux et comportementaux liés au passé.
La sophrologie a intégré cette méthode ainsi que d'autres techniques de relaxation occidentale (training autogène de Schultz, méthode Vittoz, relaxation progressive de Jacobson...)

Il n’existe pas, pour le moment, d’indications bien définies, en dehors du champ aussi vaste que vague des « troubles névrotiques » (symptômes anxio-dépressifs, manque de confiance en soi, etc.).

mardi 19 avril 2016

Stress dépression, guérir autrement

Une vidéo en 4 parties de David Servan-Schreiber sur les solutions alternatives au antidépresseurs dans le traitement de la dépression et du stress posttraumatique :
le sport, la méditation, l'EMDR
 Une première partie sur le cerveau et les émotions


Sante - Dr David Servan-Schreiber 1/4 par jean_dupont

puis partie 2


Sante - Dr David Servan-Schreiber - 2/4 par jean_dupont


puis partie 3

Sante - Dr David Servan-Schreiber 3/4 par jean_dupont



puis partie 4


- Sante - Dr David Servan-Schreiber 4/4 par jean_dupont


dimanche 27 septembre 2015

Fruits, légumes et noix pourraient protéger de la dépression

Manger selon un régime méditerranéen ou autre régime alimentaire sain, comprenant des fruits, des légumes, les légumineuses et les noix et peu de viandes, des aliments industriels et de sucre, permettrait de prévenir l’apparition de la dépression, selon une étude publiée dans la revue en libre accès « BMC Medicine ». Cette vaste étude de 15 093 personnes suggère la dépression pourrait être liée à des déficits en certains nutriments.

Audenarde Sanchez-Villegas de l’Université de Las Palmas de Gran Canaria et ses collègues ont comparé trois types d’alimentation :
  • le régime méditerranéen
  • une alimentation à dominante végétarienne,
  • Alternative Healthy Eating Index-2010,
Pour chaque type de régime, différentes composantes alimentaires consommées ont été évaluées
Régime méditerranéen, régime méditerranéen, neuf composantes : légumes, légumineuses, fruits et les noix, céréales, poisson et fruits de mer, viandes et produits carnés, produits laitiers, consommation d’alcool modérée et le rapport acides gras mono-insaturés / acides gras saturés.
Alimentation à dominante végétarienne, sept groupes d’aliments d’origine végétale : fruits, légumes, noix, céréales, légumineuses, huile d’olive et des pommes de terre et la part résiduelle de cinq groupes d’aliments d’origine animale : graisses animales, œufs, poisson, produits laitiers, viandes et produits à base de viande.
Alternative Healthy Eating Index-2010, 11 groupes d’aliments ou de nutriments, associés à la prévention de maladies chroniques: légumes, fruits, pain de grains entiers, les boissons sucrées et de jus de fruits, noix et les légumineuses, la viande rouge / transformées, les acides gras trans, oméga -3, les acides gras polyinsaturés, de sodium et la consommation d’alcool.

Les produits alimentaires tels que la viande, ses préparations industrielles et les sucreries (sources de graisses animales: saturés et acides gras trans) ont été négativement marqué, tandis que les fruits, légumes, les légumineuses et les noix (sources d'oméga-3, de vitamines et de minéraux) ainsi que la consommation modérée d’alcool l'ont été positivement.

Même une adhésion modérée à ces habitudes alimentaires saines a été associé à une réduction importante du risque de développer une dépression.

Une limitation de cette étude est que les résultats sont basés sur l’auto-déclaration de l’apport alimentaire.

dimanche 20 septembre 2015

Paroxétine : un antidépresseur inefficace et risqué pour les adolescents

Une nouvelle analyse d’un essai clinique paru en 2001 montre que cet antidépresseur a une effiacité faible mais augmente les comportements à risques. Des conclusions à l'opposée de celles publiées à l'époque.
« De mauvaises décisions de prescription ont été prises à cause de la façon dont cette étude a été présentée », a déclaré à la presse australienne le Pr Jon Jureidini (Université d'Adélaïde), qui a dirigé les travaux. Le chercheur a également souligné qu’à l'époque aucun des 22 coauteurs de l’étude originale n’avait participé à la rédaction du manuscrit final, qui avait été confiée à un rédacteur médical extérieur, recruté par les laboratoires GSK, fabriquant de la paroxétine...
Selon Jon Jureidini, ces résultats ne doivent toutefois pas conduire les patients à stopper leur traitement sans un avis médical. Mais il invite les médecins à aborder le sujet.
voir aussi

dimanche 6 juillet 2014

Idées noires, ou le rappel d'épisodes négatifs

Des études à propos des effets de l'humeur sur le rappel offrent une explication à ce résultat. Elles indiquent qu'un état dépressif diminue fortement la capacité de l'individu à récupérer du matériel émotionnel positif et, dans le même temps, facilite le rappel d'épisodes négatifs. Par conséquent, le développement d'un état de détresse émotionnelle contribuerait au rappel et au maintien de la rumination mentale des événements négatifs.

Analyser ses émotions ou les oublier ?

Lorsque on se sent déprimé ou submergé par des émotions négatives, est-il préférable
- d'analyser les émotions pour mieux les comprendre ou
-  simplement les mettre de côté et d'aller de l'avant?

Analyser les émotions est censé faciliter l'adaptation, mais tenter de comprendre les sentiments douloureux perpétue et renforce souvent les humeurs et les émotions négatives.
Lors de recherches expérimentales (1), les psychologues Ethan Kross de l'Université du Michigan et Ozlem Ayduk de l'Université de Californie à Berkeley ont montré qu'il valait mieux analyser ses sentiment que les oublier.
 Ils ont assigné au hasard 141 étudiants dans 3 groupes. Les participants devaient se rappeler une expérience qui les avaient fait se sentir submergés par la tristesse et la dépression.

  • Un groupe "immersion" devait revivre la situation comme si elle se produisait à nouveau et essayer de comprendre les émotions qui survenaient. 
  • Un groupe "analyse avec distance" devait se rappeler l'expérience, prendre quelques pas de distance et essayer de comprendre les émotions que ressentait le moi distant. 
  • Un groupe "distraction" devait faire suivre le rappel de l'événement par des sujets de pensée non émotifs et non reliés.

Immédiatement après la session, ceux qui avaient utilisé l'analyse avec distance et la distraction rapportaient des niveaux moins élevés de dépression. 
Un jour ou une semaine plus tard, ceux qui avaient utilisé l'analyse avec distance continuaient à présenter des niveaux plus bas de dépression ce qui n'était pas le cas de ceux qui avaient utilisé la distraction.
 L'analyse avec distance aiderait ainsi non seulement à s'adapter dans le court terme mais aussi à plus long terme.
Dans ses recherches futures, Kross prévoit étudier si l'auto-distance est aidante pour composer avec d'autres types d'émotions, incluant l'anxiété, et quelles sont les meilleures façons d'enseigner à l'utiliser lorsque les événements de la vie se produisent. 

(1) Facilitating adaptive emotional analysis: Short-term and long-term outcomes distinguishing distanced-analysis of negative emotions from immersed-analysis and distraction E Kross, O Ayduk - Personality and Social Psychology Bulletin, 2008

mercredi 2 juillet 2014

Rumination et dépression en question

 Les ruminations

Les personnes déprimées pensent souvent intensément à leurs problèmes. Ces pensées sont appelées ruminations; elles sont persistantes et ces personnes ont de la difficulté à penser à autre chose. Plusieurs études ont montré que ce style de pensée est souvent très analytique, séparant un problème complexe en éléments plus petits qui sont considérés un à la fois.

Les ruminations comme processus d'adaptation,

Pour Paul W. Andrews et J. Anderson Thomson Jr de l'Université de Virginie, ces ruminations dépressives ne devrait pas être considérée comme un trouble mais comme un processus d'adaptation, selon une analyse publiée dans la revue Psychological Review. Cette perspective remet en question des approches courantes de traitement de la dépression en psychothérapie.

L'analyse des problèmes, argumentent les auteurs, nécessite beaucoup de pensée ininterrompue et la dépression coordonne plusieurs changements dans l'organisme pour aider la personne à analyser ses problèmes sans être distraite.

  Le récepteur 5HT1A corrélé à la dépression, carburant de la rumination

Le premier argument en faveur de cette conception vient des recherches sur le récepteur 5HT1A de la sérotonine, neurotransmetteur grandement impliqué dans la dépression, cible de la plupart des antidépresseurs.
  •  Les rongeurs qui ont un faible niveau de 5HT1A présentent moins de symptômes dépressifs en réponse au stress. ce qui suggère que ce récepteur est impliqué dans le développement de la dépression. 
  •   Des études de la dépression chez des rongeurs montrent que le récepteur 5HT1A fournit, aux cellules nerveuses du cortex préfrontal ventrolatéral, le carburant nécessaire pour leur activation.  

l' analyse des problèmes ne doit pas être interrompue.

D'autres part pour les les auteurs, plusieurs autres symptômes de la dépression peut être interprété à la lumière de l'idée que l'analyse des problèmes ne doit pas être interrompue.
  • Le désir d'isolement social, par exemple, aide la personne à éviter des situations qui nécessitent une réflexion à propos d'autres choses. 
  • De même, l'incapacité de tirer plaisir de la sexualité ou d'autres activités empêche de se livrer à des activités qui pourraient distraire du problème.
  •  Même la perte d'appétit, souvent présente, peut être considérée comme favorisant l'analyse parce que la mastication et les activités liées à l'alimentation interfèrent avec la capacité du cerveau de traiter l'information. 

 Mais y a-t-il des indications que la dépression est utile pour analyser des problèmes complexes?

D'abord, argumentent les auteurs, si les ruminations dépressives étaient néfastes, comme la plupart des cliniciens et des chercheurs l'assument, les épisodes de dépression devraient être plus longs à résoudre lorsque les gens reçoivent des interventions qui encouragent la rumination, telles que celles qui leur demandent d'écrire sur leurs pensées et sentiments. Mais le contraire semble vrai. Plusieurs études ont montré que l'expression écrite favorisait une résolution plus rapide de la dépression en facilitant une meilleure compréhension des problèmes.

Par ailleurs, diverses études ont montré que, dans des états d'humeur dépressive, les gens sont meilleurs pour résoudre des dilemmes sociaux. Il s'agit précisément, disent les auteurs, du type de problèmes assez important pour nécessiter l'analyse et pour justifier l'évolution d'une émotion aussi coûteuse. Par exemple, une femme avec de jeunes enfants qui découvre que son mari est infidèle devrait-elle l'ignorer ou forcer celui-ci à choisir entre elle et l'autre femme, au risque d'être abandonné(e)?  Des expérience de laboratoire indiquent que les personnes déprimées sont meilleures pour résoudre des dilemmes sociaux par une meilleure analyse des coûts et des bénéfices des différentes options. 
La dépression, considèrent les auteurs, est une façon de la nature d'indiquer un problème social complexe à résoudre. 
Les thérapies devraient encourager les ruminations dépressives plutôt que d'essayer de les empêcher et devraient viser à aider la résolution des problèmes à la source des épisodes de dépression. (Il y a plusieurs thérapies efficaces qui visent précisément cela, indiquent-ils). Il est aussi essentiel, dans les cas où il y a une résistance à discuter des ruminations, que le thérapeute essaie d'identifier et de démanteler ces barrières, ajoutent-ils. 
la dépression semble moins un trouble dans lequel le cerveau déraille, résument-ils, qu'un mécanisme complexe et très organisé qui remplit une fonction spécifique, ce point de vue reste très discuté.

 Paul W. Andrews J. Anderson Thomson, Jr. 2010 - The bright side of being blue: Depression as an adaptation for analyzing complex problems  - Psychol Rev. Jul 2009; 116(3): 620–654 .http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2734449/


lundi 23 juin 2014

Réduire l’anxiété et la dépression.

Une petite étude clinique (36 personnes) a mesuré l’effet de la combinaison d’un programme d’amélioration du bien-être (le Personal Happinness Enhancement Program - PHEP) et de la réponse de relaxation sur l’état émotionnel des individus21.

 On a constaté que le programme PHEP était considérablement plus efficace lorsqu’il était combiné avec la réponse de relaxation : moins d’anxiété et de symptômes de dépression et augmentation de la mesure du bonheur.

21. Smith WP, Compton WC, West WB. Meditation as an adjunct to a happiness enhancement program, J Clin Psychol. 1995 Mar;51(2):269-73.

dimanche 20 avril 2014

Antidépresseurs, peu d'efficacité dans les cas de dépression légère ou modérée

Les antidépresseurs ont peu d'efficacité dans les cas de dépression légère ou modérée, selon une analyse publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).

Jay Fournier de l'Université de Pennsylvanie et ses collègues ont analysé les données de six essais cliniques publiés depuis 1989 comparant les antidépresseurs paroxétine (Deroxat ou Paxil) ou imipramine (Tofranil) (1) à un placebo (produit inactif).
Seuls les essais impliquant des participants présentant un éventail de sévérité de dépression étaient inclus. Au total 718 personnes étaient inclues dans ces essais.

Pour les personnes dont les résultats à l'Échelle de dépression de Hamilton (faites le test) étaient plus bas que 23, l'effet du traitement était considéré comme minime, rapportent les auteurs.

L'effet des antidépresseurs n'était supérieur à celui du placebo que lorsque le résultat à l'échelle était de 25 ou plus. "L'ampleur de l'efficacité comparativement au placebo augmentait avec la sévérité des symptômes de dépression et pouvait être minime ou non existante, en moyenne, chez les personnes ayant des résultats indiquant une dépression légère à modérée", écrivent les auteurs.

"Cette importante caractéristique des résultats des essais n'est pas reflétée dans les messages implicites présentés pour le marketing de ces médicaments aux cliniciens et au public", disent les auteurs. "Il y a peu de mention du fait que les données sur l'efficacité proviennent d'études qui excluent précisément les personnes qui retirent peu de bénéfice des médicaments"

dimanche 12 janvier 2014

Impact de la cohérence cardiaque

  La cohérence cardiaque correspond à un état particulier de la variabilité cardiaque ayant de nombreux effets positifs pour la santé et le bien-être.
En France, la cohérence cardiaque a été mise sur le devant de la scène par le Dr David Servan-Schreiber, notamment dans son livre "Guérir".
Le principe est simple : contrôler ses battements cardiaques permettrait de mieux contrôler son état mental.
Lorsqu'on est confronté à une situation stressante, le cœur a tendance à s'emballer et à « battre la chamade ». En cas de colère ou de contrariété, les battements du cœur deviennent très irréguliers.
A l'inverse, en respirant calmement et donc en contrôlant son rythme cardiaque, il est possible de modifier son état mental et émotionnel via le système nerveux autonome. 

 Comment pratiquer la cohérence cardiaque

La cohérence cardiaque est au maximum lorsque la fréquence de 6 cycles respiratoires par minute est atteinte. C’est une constante physiologique connue et reconnue depuis longtemps. Pratiquer des séances de respiration à 6 cycles complets par minute, c’est-à-dire 6 inspirations- expirations par minute revient à  inspirer pendant 5 secondes puis expirer pendant 5 secondes, 6 fois.
  • Inspirez profondément par le nez pendant 5 secondes en adoptant une respiration abdominale (c'est-à-dire en laissant le ventre se gonfler)
  • Soufflez profondément par la bouche pendant 5 secondes, toujours avec le ventre.
  • Recommencez cette alternance inspiration/expiration 18 à 30 fois (6 respirations par minute pendant 3 à 5 minutes).

Les effets immédiats et fugaces

Les effets persistent durant l’état de cohérence cardiaque induit par la respiration, la courbe devient arrondie, régulière, plus ample on dit qu’elle est cohérente en opposition au chaos préalable.
Comment entrer en cohérence cardiaque

L’effet ressenti est un effet quasi immédiat d’apaisement et de calme. La pression artérielle et la fréquence cardiaque baissent doucement, la sérénité s’installe, le cerveau se met en mode veille attentive et calme.

Les effets à plus long terme

La seule façon d’obtenir un effet à long terme c’est de pratiquer cette respiration plusieurs fois par jour pour cumuler les effets à moyen terme sur le long terme. Tous les effets détaillés ci-après sont obtenus par une pratique régulière quotidienne (trois ou quatre fois par jour) pendant au moins cinq minutes. Il semble, toutefois, que les effets se potentialisent avec le temps. Les effets bénéfiques apparaissent en moyenne 7 à 10 jours après avoir débuté une pratique régulière de cohérence cardiaque. Ils persistent dans le temps et durent plusieurs semaines après l’arrêt de la pratique.
Les effets à long terme suivants ont été décrits par la recherche médicale :
  • Diminution de l’hypertension artérielle pour les hypertensions artérielles légères à modérées. Cette diminution est à présent reconnue comme étant un traitement intéressant avant la mise en place de médicaments.
  • Diminution du risque cardiovasculaire.
  • Diminution de l’anxiété et de la dépression.
  • Meilleure régulation du taux de sucre chez les diabétiques et prévention des accidents neurologiques et circulatoires secondaires à cette maladie.
  • Réduction du périmètre abdominal et perte de poids chez les personnes obèses.
  • Meilleure récupération à l’effort pour les sportifs. La pratique de la cohérence cardiaque existe dans le milieu du sport de haut niveau depuis de nombreuses années. Ce fut l’une des toutes premières applications de la cohérence cardiaque.
  • Amélioration de la concentration et de la mémorisation.
  • Diminution des troubles de l’attention et de l’hyperactivité.
  • Meilleure tolérance à la douleur, et diminution de la douleur. Les effets sont particulièrement nets pour des douleurs neurologiques comme la migraine, les sciatiques et les névralgies.
  • Amélioration de la maladie asthmatique.
  • Impact sur la réduction de l’inflammation pathologique. La cohérence cardiaque pourrait ainsi participer à la prévention de certaines maladies chroniques.
lire l'article complet :  Les effets de la cohérence cardiaque sur Thierry Souccar Éditions

mardi 17 décembre 2013

Symptômes de dépression après la retraite? | PsychoMédia

 Le départ à la retraite entraîne une diminution de la fatigue physique (fatigue chronique accumulée au fil des ans) et mentale ainsi qu’une baisse des symptômes de dépression, selon une étude menée en France, publiée dans le British Medical Journal.
Des premiers résultats de cette étude, publiés dans la revue The Lancet l’année dernière, avaient montré qu’hommes et femmes, toutes catégories socioprofessionnelles comprises, ressentaient une amélioration de leur état de santé après le départ à la retraite. Pendant les années qui précédaient ce dernier, la proportion déclarant un mauvais état de santé augmentait régulièrement pour atteindre une personne sur 5 (20%). Un an après le départ, cette proportion était de 14%. Les gens rapportaient, en moyenne, l'état de santé qu'ils déclaraient 8 à 10 ans plus tôt. 

 lire :  Qu'advient-il de la santé et des symptômes de dépression après la retraite? | PsychoMédia

jeudi 16 mai 2013

Effecacité des techniques de relaxation sur les pathologies liées au stress

Les techniques de relaxation pourraient être utiles pour prévenir ou traiter diverses affections pouvant être reliées au stress (arthrite, maladies cardiovasculaires, maladie d’Alzheimer, anxiété, dépression, maladies de la peau, infections bactériennes ou virales, etc.)10-13.

Efficacité possible L’effet antistress de la réponse de relaxation a aussi été évalué dans le cadre d’un traitement « sans diète » pour les femmes ayant un surplus de poids14,15. Ce traitement, d’une durée de 10 semaines, met davantage l’accent sur les changements de comportement des individus que sur la perte de poids. Les 225 participantes au programme ont été réparties en trois groupes : réponse de relaxation, formations dirigées sur les bonnes habitudes de vie ou remise de matériel d’information. Après 1 an et 2 ans, les participantes du groupe « réponse de relaxation » ont montré des améliorations significatives des niveaux de stress et de détresse psychologique comparativement aux participantes des deux autres groupes. Cependant, aucun changement n’a été noté en regard de la perte de poids.

Efficacité possible Réduire l’hypertension artérielle. L’efficacité des différentes thérapies comportementales (dont l’une des composantes est la relaxation) dans la réduction de l’hypertension a été démontrée par plusieurs revues systématiques de la littérature scientifique. Cependant, une seule méta-analyse s’est penchée spécifiquement sur les techniques de relaxation5. Elle conclut que celles-ci peuvent induire une baisse de la pression artérielle significative en moins de 24 heures. Les auteurs soulignent toutefois que cet effet semble moins important à plus long terme et que les nombreux biais méthodologiques limitent beaucoup la fiabilité des résultats.
Efficacité incertaine Réduire les symptômes du syndrome prémenstruel. Dans un petit essai clinique16, 46 femmes ont été placées pendant 3 mois dans trois groupes différents : réponse de relaxation (avec cassette audio), lecture, et groupe témoin. Une amélioration considérable des symptômes physiques a été observée chez le groupe de « relaxation », comparativement aux deux autres groupes. De plus, les symptômes de malaises émotionnels et d’isolement social étaient moindres dans le groupe relaxation et dans le groupe lecture. La technique de réponse de relaxation s’est révélée plus efficace chez les femmes présentant au départ des symptômes plus graves de syndrome prémenstruel.
Efficacité incertaine Diminuer les symptômes de la ménopause. Les effets de la réponse de relaxation sur les symptômes de ménopause ont été évalués chez 33 femmes ménopausées, âgées de 44 ans à 66 ans, et ayant au moins cinq bouffées de chaleur par jour17. Les participantes ont été réparties en trois groupes : réponse de relaxation, lecture, et groupe témoin. On a observé chez les participantes du groupe relaxation une réduction considérable de l’intensité des bouffées de chaleur, de l’anxiété et de la dépression. Une diminution importante de l’anxiété ainsi qu’une réduction de la sensation de confusion ont été associées à la lecture, tandis qu’aucun changement n’a été observé dans le groupe témoin.
Efficacité incertaine Diminuer les symptômes du syndrome de l’intestin irritable. Une étude préliminaire comprenant 16 personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable18 a conclu que celles qui avaient pratiqué la réponse de relaxation (15 minutes, deux fois par jour pendant 6 semaines) souffraient beaucoup moins de flatulences, d'éructations, de ballonnements, de diarrhée et de vomissement que celles du groupe témoin. Ces améliorations étaient encore présentes après 3 mois. Dix patients de cette étude furent suivis pendant 1 an pour étudier les effets à long terme de la réponse de relaxation19. Des résultats significatifs furent notés pour la douleur abdominale, la diarrhée, les flatulences et les ballonnements.
Efficacité incertaine Réduire la douleur et l’anxiété lors d’une intervention chirurgicale. Une étude aléatoire contrôlée a été réalisée auprès de 45 patients au moment d'une angioplastie du fémur, un examen médical douloureux20. Divisées en trois groupes, les personnes qui, pendant l’intervention, ont fait l'écoute d'un enregistrement les guidant vers la réponse de relaxation ont ressenti beaucoup moins de douleur et d’anxiété, et réclamé beaucoup moins d'analgésiques et d’anxiolytiques que celles qui écoutaient de la musique ou qui restaient dans le silence.
Efficacité incertaine Réduire l’anxiété et la dépression. Une petite étude clinique (36 personnes) a mesuré l’effet de la combinaison d’un programme d’amélioration du bien-être (le Personal Happinness Enhancement Program - PHEP) et de la réponse de relaxation sur l’état émotionnel des individus21. On a constaté que le programme PHEP était considérablement plus efficace lorsqu’il était combiné avec la réponse de relaxation : moins d’anxiété et de symptômes de dépression et augmentation de la mesure du bonheur.
Efficacité incertaine Améliorer les performances scolaires. Deux études différentes ont porté sur le sujet. Une première22 a évalué les performances scolaires de 1 753 étudiants invités à pratiquer la réponse de relaxation en classe. Les étudiants ayant participé à plus de deux séances par session ont obtenu un pointage plus élevé dans l’évaluation de leurs habitudes de travail et leurs aptitudes à la coopération que les autres. Sur une période de 2 ans, ils ont également maintenu une moyenne scolaire générale plus élevée.
Dans le cadre de l’autre étude23, 128 étudiants d’un collège ont été placés dans un groupe expérimental ou un groupe témoin. Ceux du premier groupe ont participé à six séances de groupe de 90 minutes où ils pratiquaient la réponse de relaxation combinée à une approche axée sur les habiletés cognitivo-comportementales. Des réductions significatives de la détresse psychologique, de l’anxiété et du stress ont été observées dans le groupe expérimental comparativement au groupe témoin.
Efficacité incertaine Combattre l’insomnie. Cent treize individus ont participé à une étude destinée à tester un programme contre l’insomnie incluant la réponse de relaxation24. Les participants ont assisté à sept séances de groupe sur une période de 10 semaines. On leur a enseigné la réponse de relaxation, comment adopter un style de vie favorisant un meilleur sommeil et comment réduire graduellement leur médication contre l’insomnie. Ils ont ensuite pratiqué la réponse de relaxation de 20 à 30 minutes par jour pendant 2 semaines : 58 % des patients ont déclaré que leur sommeil s’était considérablement amélioré, 33 % modérément, et 9 % un peu. De plus, 38 % des patients ont arrêté complètement leur médication, tandis que 53 % l’ont réduite.
 Améliorer la qualité de vie des individus atteints du VIH ou du sida. Une étude pilote a comparé l’effet de l’association acupuncture et réponse de relaxation à celui de l’acupuncture seule sur la qualité de vie de 80 personnes atteintes du VIH ou du sida25. Pendant 12 semaines, les deux groupes ont reçu des traitements personnalisés d’acupuncture. Les participants du groupe intervention ont bénéficié en plus de 20 minutes d’écoute de réponse de relaxation pendant leur traitement et de deux autres séances d’écoute à la maison. Les participants des deux groupes ont montré des signes d’amélioration de leur qualité de vie. Cependant, de plus importantes améliorations ont été observées dans le groupe intervention, principalement en ce qui a trait au bien-être global et à la santé mentale, émotionnelle et spirituelle.

Notes :
10. Esch T, Stefano GB, et al. An Overview of Stress and Its Impact in Immunological Diseases. Mod. Asp. Immunobiol. 2 (4), 187-192, 2002.
11. Esch T, Stefano GB, et al. Stress in cardiovascular diseases. Med Sci Monit. 2002 May;8(5):RA93-RA101. Synthèse d'études. Étude complète [Consultée le 1 juin 2009] : www.medscimonit.com
12. Mandle CL, Jacobs SC, et al. The efficacy of relaxation response interventions with adult patients: a review of the literature. J Cardiovasc Nurs. 1996 Apr;10(3):4-26. Synthèse d'études.
13. Galvin JA, Benson H, et al. The relaxation response: reducing stress and improving cognition in healthy aging adults. Complement Ther Clin Pract. 2006;12(3):186-91.
14. Katzer L, Bradshaw AJ, et al. Evaluation of a "nondieting" stress reduction program for overweight women: a randomized trial. Am J Health Promot. 2008;22(4):264-74.
15. Hawley G, Horwath C, et al. Sustainability of health and lifestyle improvements following a non-dieting randomised trial in overweight women. Prev Med. 2008;47(6):593-9.
16. Goodale IL, Domar AD, Benson H. Alleviation of premenstrual syndrome symptoms with the relaxation response, Obstet Gynecol. 1990 Apr;75(4):649-55.
17. Irvin JH, Domar AD, et al. The effects of relaxation response training on menopausal symptoms. J Psychosom Obstet Gynaecol. 1996 Dec;17(4):202-7.
18. Keefer L, Blanchard EB. The effects of relaxation response meditation on the symptoms of irritable bowel syndrome: results of a controlled treatment study. Behav Res Ther. 2001 Jul;39(7):801-11.
19. Keefer L, Blanchard EB. A one year follow-up of relaxation response meditation as a treatment for irritable bowel syndrome. Behav Res Ther. 2002 May;40(5):541-6.
20. Mandle CL, Benson H et al. Relaxation response in femoral angiography. Radiology. 1990 Mar;174(3 Pt 1):737-9.
21. Smith WP, Compton WC, West WB. Meditation as an adjunct to a happiness enhancement program, J Clin Psychol. 1995 Mar;51(2):269-73.
22. Benson H et al. Academic performance among middle school student after exposure to a relaxation response curriculum. J research development in education. 2000. p. 156-165.
23. Deckro GR, Ballinger KM, et al. The evaluation of a mind/body intervention to reduce psychological distress and perceived stress in college students. J Am Coll Health. 2002 May;50(6):281-7.
24. Jacobs GD, Benson H, Friedman R. Perceived benefits in a behavioral-medicine insomnia program: a clinical report, Am J Med. 1996 Feb;100(2):212-6.
25. Chang BH, Boehmer U, et al. The combined effect of relaxation response and acupuncture on quality of life in patients with HIV: a pilot study. J Altern Complement Med. 2007;13(8):807-15.

jeudi 22 juillet 2010

Dépression: la théorie sous-jacente aux antidépresseurs remise en question

La dépression liée à de faibles niveaux du neurotransmetteur sérotonine? Pas si sûr. De plus en plus d'études suggèrent que trop de sérotonine dans certaines parties du cerveau serait à blâmer.
Cela pourrait expliquer certains effets négatifs associés aux antidépresseurs de la classe des inhibiteurs sélectifs de la recapture de sérotonine (ISRS), la classe la plus couramment prescrite, qui augmentent la quantité de sérotonine dans certaines parties du cerveau.
La conception traditionnelle de la dépression était en grande partie basée sur l'observation que les ISRS améliorait l'humeur, bien que la raison en soit inconnue. «Parce que les antidépresseurs augmentent la sérotonine dans certaines parties du cerveau, on a supposé que la dépression devait être le résultat de faibles niveaux de sérotonine», explique Christopher Lowry de l'Université de Boulder (Colorado). Mais la découverte de plusieurs types de neurones libérant de la sérotonine, ainsi que des niveaux élevés de sérotonine constatés chez des personnes souffrant de dépression, suscitent une remise en question.

"Ce qui est le probable c'est qu'il y ait des sous-groupes de neurones à sérotonine qui sont hyperactifs chez les personnes déprimées, plutôt que sous-actifs comme il a été généralement assumé", dit Lowry.

Un des premiers indices mettant en doute la théorie traditionnelle est survenu il y a trois ans, quand Murray Esler de l'Institut Baker Heart Research (Melbourne, Australie) et ses collègues ont constaté que le niveau de sérotonine chez des personnes atteintes du trouble panique était 4 fois plus élevé que chez des personnes en santé et que chez des personnes en dépression, ne recevant pas de traitement par antidépresseur, il était 2 fois plus élevé (Archives of General Psychiatry, vol 65). Ils ont également montré que l'utilisation à long terme des ISRS chez les personnes souffrant de dépression et du trouble panique semblait diminuer les niveaux de sérotonine.

Dans de nouvelles études avec des rongeurs, Lowry a constaté qu'il y a plusieurs types de neurones à sérotonine qui peuvent être contrôlés indépendamment. Il a présenté ces résultats lors du Forum of European Neuroscience à Amsterdam la semaine dernière.

Ces résultats sont concordants avec ceux d'autres groupes indiquant qu'il y a deux types de récepteurs de la sérotonine dans l'amygdale, une région du cerveau liée aux émotions et à l'anxiété: les récepteurs 5-HT2A qui inhibent l'anxiété et les récepteurs 5-HT2C qui la favorisent. Les rôles de ces récepteurs ont été identifiés par l'injection de drogues qui stimulaient ou inhibaient chaque récepteur et l'observation de la réponse comportementale des animaux.

Ensemble, ces résultats pourraient signifier que tandis que des niveaux élevés de sérotonine dans certaines régions du cerveau comme le cortex préfrontal peuvent amener une amélioration de l'humeur, des niveaux élevés dans d'autres régions pourraient avoir des effets négatifs.

Des éléments en faveur de cette conception viennent de l'équipe de Gina Forster de l'Université du Dakota du Sud à Vermillion. Les chercheurs ont injecté une molécule liée au stress dans le cerveau de rats et ont constaté qu'elle a déclenché deux phases de libération de sérotonine. Une première phase semblait augmenter les comportements comme la peur tandis qu'une deuxième phase les diminuait, peut-être parce qu'elle activait le cortex préfrontal médian, une région associée à une action calmante (Neuroscience, vol 14).

Les nouveaux résultats ont des implications concernant le fonctionnement des médicaments antidépresseurs, expliquent les chercheurs. À long terme, les ISRS ont tendance à avoir un effet calmant. Mais, à court terme certaines personnes prenant des ISRS rapportent une anxiété accrue. C'est "presque certainement dû à l'activation d'un de ces groupes de neurones à sérotonine", dit Lowry. Les pensées suicidaires que certaines personnes rapportent peuvent aussi être liées à la hausse de sérotonine.

Apprendre davantage sur ces différents groupes de neurones à sérotonine pourrait conduire à de meilleurs traitements pour la dépression et les troubles anxieux. "Il pourrait être possible de concevoir des médicaments très spécifiques qui peuvent activer ou désactiver des groupes spécifiques de neurones qui sont déréglés dans l'anxiété ou la dépression», dit Lowry.

Illustration : Libération du neurotransmetteur sérotonine au point de contact (synapse) entre deux cellules nerveuses. La sérotonine est recapturée par le neurone émetteur (ce que prévient les antidépresseurs ISRS) ou se lie aux récepteurs du neurone cible.
Psychomédia